Testament et Adjudication de biens

Quels sont les actes qui peuvent remettre nos ancêtres dans leur contexte social et familial ?

 

1858 : Adjudication des biens de André Seux.

Après le décès de André Seux (arbre généalogique), Anne Malescours (arbre généalogique), sa veuve, habita chez sa fille Marie Anne et son gendre Jean Pierre Riocreux (arbre généalogique), à Marlhes.

Suite à cette décision, ils ont résolus pour éviter toute difficulté de procéder à la vente de tous les objets mobiliers, bestiaux, récoltes, meubles, outils de ménage et d’agriculture dépendants de la succession.

 

Les deux parties firent apposer des affiches dans les communes voisines.

Chaque objet mis en vente fut montré et mis à la criée sur une somme quelconque, puis adjugé après trois criées sur répétition de la dernière enchère non couverte.

Tous les objets dont la première criée n’avait pas été couverte furent retirés de la vente, avec la possibilité d être rapportés à la fin.

La délivrance des objets adjugés se fit immédiatement. Le prix des objets adjugés fut payé comptant jusqu’à dix francs.

Le montant de la vente fut perçu par Maître Guétat qui le remit aux parties.

 

Furent vendus (liste non exhaustive) :

– des ustensiles ménagers tels que trois marmites en fonte, deux poëles à frire, quatre planches à beurre et un petit rouleau, quatre mauvais moules à fromage, une biche en fer blanc (1), deux lampes,

– des outils : une vieille hache et herminette, dix carreaux ou ciseaux en acier, deux fourches en fer , trois marteaux, deux autres haches, une faucille, deux pioches, une pelle,

– du mobilier : une table carrée à deux tiroirs, une horloge sans caisse, deux placards à deux portes, un saloir fermé, un banc,

– du matériel agricole : deux jougs, un char à vaches, une faucille, une charrue,

– des bestiaux et autres produits de la ferme : 825 kilogrammes de paille, 1 500 kilogrammes de foin (vendus à trois acheteurs différents), 3 500 kilogrammes de foin adjugé à Claude Drevet (pour la somme de 291 francs), 500 kilogrammes de pommes de terre, quatre poules (dont deux ont été achetées par son gendre, Jean Pierre Riocreux), quatre vaches et un veau, deux chèvres.

Source AD 42
 
 

Tout ayant été vendu, la vente fut clôturée le 20 janvier 1858 à cinq heures du soir. Le montant de l’adjudication s’élevait à 1 178, 34 francs; dont la moitié dû aller à Anne Malescours, la veuve de André Seux, selon les termes du testament de ce dernier.

 

Extrait du testament de André Seux, rédigé le 2 octobre 1857 :

J’explique que je n’ai que deux enfants, Marie Anne Seux, épouse de Jean Pierre Riocreux, commis de ruban, avec lequel elle habite au bourg de Marlhes; et Marie Seux, demeurant avec moi.

Source AD 42

Ayant la même affection et la même amitié pour chacune de mes deux filles, je n’établis pas de préciputaire et je veux qu’elles reçoivent par moitié une portion égale entre elles à ma succession. Cependant, comme mon épouse a travaillé ainsi que moi pour le bien et la réussite de mes affaires, il est juste que je la récompense de ses labeurs et de ses soins assidus et bienveillants qu’elle a toujours eu pour moi.En conséquence; je donne, lègue et attribue à Anne Malescourt, ma chère épouse, demeurant avec moi, l’usufruit et jouissance pendant sa vie et sans être tenue de fournir caution, de la moitié franche de tous les biens et droits, mobiliers, immobiliers, or argent, créances, qui composent ma future succession et (…) reconnu m’appartenir au jour de mon décès sans aucune réserve ni exception (…)

 

Le testament précisait également les dispositions suivantes :

Je charge mes héritiers de faire dire et célébrer à mon intention et pour le repos de mon âme dans les plus brefs délais possibles et au plus tard

dans l’année qui suivra mon décès deux messes jusqu’à concurrence de la somme de cent francs outre et en sus de celle à célébrer pour mon

enterrement, mon (…) et mon anniversaire. 

  

Source AD 42

Le testament ainsi que le détail de l’adjudication m’ont faite rentrer dans l’intimité de cette famille, découvrir les sentiments qui les unissaient et de dresser un dessin des éléments qui composaient leurs vies.

La ferme des Confins est maintenant un chambre d’hôtes (2).

Les occupants actuels savent-ils qu’il y a un peu plus de cent ans la pièce du rez-de-chaussée ressemblait à cela ? :

 

Fait et passé au lieu des Confins, commune de Saint Sauveur, dans le domicile du dit Seux, testateur; près du lit où il repose dans une pièce au rez de chaussée, servant de cuisine éclairée par une croisée au fond.

(1) une boîte à lait (merci à Bernadette Dallery pour la « traduction » et la recherche de ces actes)

(2) Gîte des Confins