#ChallengeAZ : H comme histoire(s)

Selon Wikipédia, la généalogie (du grec γενεά genea, « génération » et λόγος logos, « connaissance ») est la pratique qui a pour objet la recherche de la parenté et de la filiation des personnes. Alors qu’elle est considérée comme une science auxiliaire de l’Histoire, d’autres histoires viennent s’y mêler.

Connaissez-vous la meilleure conteuse d’histoires ? Non ? Moi si. Elle s’appelle Généalogie.

La première fois que nous la rencontrons, c’est à l’école. À la faveur de l’Histoire, celle qui s’écrit avec un grand H, nous découvrions la généalogie des Rois de France. Nous remontions, parfois laborieusement, les lignées agnatiques de nos souverains, sans même savoir que cela s’appelait ainsi.

[Généalogie des Bourbons avec, dans la partie basse, Louis XIV appuyé sur un écu représentant la Réception de leurs Majestés britanniques (Jacques II et sa famille accueillis à Saint-Germain à la fin de l’année 1688), le Grand Dauphin (il tient une carte avec des vues et un plan de Philisbourg), les petits ducs de Bourgogne, d’Anjou et de Berry (nés respectivement en 1682, 1683 et 1686)] : [peinture] / BONNET INV. ET PINXIT

Généalogie des Bourbons. Source gallica.bnf.fr

Puis nous écoutons les histoires de la famille. Ce grand-oncle parti chercher fortune, dont on n’eu plus de nouvelles ; cet arrière-grand-père qui revint de la guerre tellement défiguré, qu’il faisait peur aux gosses du village, ou cette photo déchirée, dont personne ne peut, ou ne veut nous dire qui a été ainsi effacé. Nous écoutons ces histoires d’une oreille distraite, trop occupés que nous étions à nous construire nos propres histoires, à fabriquer notre monde.

Jusqu’au jour ou le déclencheur s’active. Pourquoi ce jour-là ? À la suite de quel évènement ? Nous avons chacun notre raison pour nous lancer dans l’aventure.

Nous nous souvenons de ces histoires qui, au fil du temps, sont devenues des légendes familiales. Et si elles étaient vraies ? Il n’y a pas de fumée sans feu dit-on. L’oncle est peut-être parti, mais pas pour chercher fortune ? Et cette fameuse photo que nous retrouvons au fond d’une boîte à chaussures, nous découvrons au dos, la moitié d’un prénom, effacé en même temps que la personne que l’on a voulu oublier.

Nous nous penchons sur notre généalogie, et pour mieux appréhender et essayer de comprendre les motivations de nos ancêtres, nous nous replongeons dans l’Histoire et dans l’histoire. Mais y-a-t-il deux histoires ? Une avec un grand H, et l’autre ? Nous découvrons, apprenons que, finalement, les deux sont liées. Il n’y a pas de grande histoire, celle qui est enseignée à l’école, sans la petite, sans ceux qui l’ont faite, qu’ils soient illustres ou non. Nous fouillons les brocantes non seulement à la recherche des vieux livres d’enseignement d’histoire, mais aussi des livres d’histoires locales. Pour répondre à toutes les questions que nous posent ces histoires, nous devons comprendre le contexte dans lequel elles se sont créées. Nous découvrons l’histoire sociale.

À la lumière de toutes ces découvertes, nous découvrons une nouvelle histoire, l’histoire familiale. Nous avons tordu le cou à certaines légendes, trouvé le nom de ce frère effacé de la mémoire familiale, redonné de la dignité à cet arrière-grand-père à la gueule cassée.

Alors, à notre tour, sous le regard bienveillant de la Généalogie, nous nous faisons conteurs d’histoire.

Dollingue, le Conteur d'histoires : [estampe] ([Défet]) / G. Doré ; Trichon Source: gallica.bnf.fr

Dollingue, le Conteur d’histoires : [estampe] ([Défet]) / G. Doré ; Trichon Source: gallica.bnf.fr