Généalogie à l’école : Quel programme pour des CM2 ?

Après les CE2 – CM1, j’ai animé des atelier de généalogie pour des élèves de CM2. 1 an d’écart peut nous sembler peu, mais c’est énorme chez les enfants. Nous avons devant nous des pré-ados, un peu plus rebelles, un peu plus affirmés. Comment les intéresser à la généalogie en seulement trois heures ?

Les ateliers de généalogie continuent pour les écoles primaires de ma commune. Après les CE2-CM1, je me suis retrouvée face à 56 élèves de CM2, répartis en 6 groupes.

Le programme que je leur ai proposé était différent de celui des CE2-CM1 pour deux raisons :

  • J’ai pensé aux fratries. Faire faire les mêmes activités n’auraient aucun intérêt. Il fallait que l’aîné puisse apporter quelque chose en plus à la maison.
  • A quelques mois de rentrer au collège, les intérêts ont déjà bien changés, ainsi que le caractère…

Lorsqu’ils ont découvert qu’ils allaient faire de la généalogie, l’intérêt était présent, et même un peu plus…

 

généalogie fantômes spiritisme

Les enfants sont prêts à communiquer avec leurs ancêtres…

 

Les notions de générations étaient acquises pour la majorité d’entre-eux. Il était alors temps de parler d’implexe… Quand Adrien, à la fin de mon explication, s’est exclamé « Mais alors, nous sommes tous cousins !« , j’ai su que j’avais réussi. Par contre, quand les garçons ont réalisé qu’ils pouvaient être cousins avec leurs ennemis jurés, les filles -et inversement-, j’ai su qu’il me faudrait ramer un peu plus pour les faire travailler ensemble !

Pour le premier atelier, j’ai choisi de leur faire faire des mots mêlés. Cette activité, que j’avais voulu comme une première approche, m’a également permis d’insister sur un point utile en généalogie : ne rien prendre pour acquis, faire attention au détail. En effet, certains petits malins, pour aller plus vite, ont fait le choix de ne pas lire les définitions, et de remplir les cases à partir de la liste de mots qui était fournie. Ils m’ont ensuite demandé de l’aide car sur la fin, ça coinçait…

 

mots mêlés

Source Pinterest

 

En prévision du deuxième atelier, ils sont repartis avec des fiches individuelles à remplir pour chacun des membres de leur famille. A l’inverse des CE2-CM1 qui avaient un simple questionnaire, les CM2 ont eu de vraies fiches individuelles, avec également une zone de notes pour saisir toute autre information qu’ils auraient pu glaner auprès des membres de leur famille.

Si certains sont revenus les mains vides, mais pas sans informations, d’autres ont mené un véritable travail de généalogiste, en envoyant un message à toute la famille, en interrogeant leurs grands-parents sur leurs parents et parfois même, sur leurs grands-parents ! Ainsi, Adrien s’est plaint que l’arbre que je leur avais fourni n’avait que cinq générations !

Toutefois, l’engouement de certains ne doit pas faire oublier les histoires de famille douloureuses, comme celle de C., en famille d’accueil, qui ne connaît rien du côté paternel, et dont la maman ne veut pas lui parler de ses grands-parents. Dans ce cas, je laisse l’enfant remplir l’arbre selon son envie. Il pourra y avoir le tonton, la tata, un cousin, le chien.. Le principal étant qu’il puisse faire l’activité en même temps que les autres.

9 ans, 10 ans, l’adolescence approche, et les complexes avec. Que faire quand une jeune fille fait un blocage car elle n’aime pas son nom de famille (un nom d’animal) ? Lui parler de mon couple d’ancêtres préférés. Succès assuré et « décomplexion » garantie !

 

généalogie nom de famille originaux

 

Après l’arbre, place à la paléographie. Mes jeunes généalogistes ont eu à travailler sur le même texte que leurs cadets (l’acte de naissance de Henri Chicouet). Si les CE2-CM1 se lancent dans l’aventure sans trop se poser de questions, les CM2 commencent d’abord par râler, par dire qu’ils n’y arriveront jamais. Dans ce cas, il ne faut pas s’énerver et sortir l’argument qui fait mouche : « Les petits ont réussi sans aucun problème« . Je sais, c’est déloyal, mais sacrément efficace.

Petite motivation supplémentaire, leur promettre que s’ils arrêtent de râler, ils pourront aller sur Internet rechercher l’acte, et découvrir comment mener une recherche généalogique en ligne.

Ce troisième atelier fut donc l’occasion pour eux d’utiliser les tables décennales à la recherche de l’acte de mariage des parents de Henri, et de commencer à remplir une fiche familiale. Un des groupes a également demandé à recherche l’acte de naissance de Louis XVI, car ils venaient de l’étudier en classe. Non seulement ils ont pu retrouver l’acte de baptême, mais ils l’ont lu collégialement et, pris dans leur élan, ont également lu l’acte suivant.

Pour cette dernière séance, Antoine est arrivé fièrement avec l’arbre généalogique réalisé par sa maman quand elle était en 6e. Il avait déjà présenté le document en classe, mais était très fier de pouvoir me le montrer, et d’expliquer de nouveau à ses camarades qui était qui.

 

généalogie enfant école

Antoine découvre l’arbre généalogique réalisé par sa maman

 

Ces trois séances se sont passées beaucoup trop vite. Mais lorsque les enfants en repartant me demandaient si je pouvais ajouter l’acte de mariage dans leur dossier pour qu’ils puissent terminer les recherches, je me dis que le contrat a été rempli 😉