Pendant le challengeAZ, je découvre la vie de mon arrière-grand-père, Louis Simard. Parmi toutes les archives que j’ai eu à consulter, celles de l’hôpital Saint-Antoine me laissaient une dernière surprise.

Le dernier domicile de Louis était situé rue Basfroi, à quelques numéros de l’appartement où il est né. Toutefois, ce n’est pas au numéro 28 de cette rue, qu’il décéda, mais au 184 rue du Faubourg Saint-Antoine. Le dernier lit que Louis occupa, fut à l’hôpital Saint-Antoine.

 

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Qui dit hôpital, dit archives hospitalières. Direction la rue des Minimes à Paris, et le service des archives de l’AP-HP.

Si vous habitez en Province, et que vous prévoyez de venir rechercher votre ancêtre dans ces fonds, sachez qu’il vous faudra réserver votre semaine. En effet, non seulement, l’inventaire des fonds n’est pas en ligne, mais à supposer que vous connaissiez la cote du document, il n’est pas possible de le réserver en ligne. Or, il y a un délai de 72 heures entre la réservation et la consultation du document, qui se trouve sur un autre site. Ces désagréments sont vite oubliés lorsque nous découvrons le registre des décès. En prenant le temps de lire le certificat de décès, d’étudier toutes les mentions, nous en apprenons plus qu’il n’en est dit.

 

 

Si vous connaissez la date du décès, vous vous reporterez directement au registre des décès de l’hôpital, en série 3Q. Si vous ne connaissez pas la date, il vous faudra d’abord consulter le registre des entrées, en série 1Q. Le registre des entrées vous donnera la date d’entrée, la date de sortie (ou de décès), ainsi qu’un numéro matricule.

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Connaissant la date de décès de Louis, je me suis reportée directement, au registre des décès de l’hôpital Saint-Antoine, pour la période concernée.

Je feuillette les pages, cherchant la bonne date, et le nom de mon arrière-grand-père. 31 octobre 1926, j’y suis, le décès de Louis apparaît en premier sur la page de droite. Que dire, sinon que je suis surprise sans l’être ?

 

Je suis surprise par la durée du séjour de mon arrière-grand-père. Il est entré à l’hôpital Saint-Antoine, le 24 août 1926, et y est décédé le 31 octobre de la même année. Il y est donc resté deux mois. Quelle maladie l’a retenu deux mois, au fond d’un lit, pour au final, ne plus le quitter ?

Ce fut la deuxième surprise, qui n’en était pas une. Je suis la première à dire qu’il ne faut pas tirer de jugements hâtifs de nos découvertes. Néanmoins, pendant tout ce bout de chemin à découvrir Louis, je commençais à avoir ma petite idée sur la cause son décès.

 

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Hôpital Saint-Antoine. Registre des décès. Cote 3Q2 118. Du 31 octobre 1925 au 8 décembre 1926.

 

Louis est décédé d’une cirrhose de Laennec.

 

La cirrhose de Laennec, ou cirrhose alcoolique, doit son nom au médecin René Théophile Laennec. Il utilisa le mot grec kirrhos, jaune, en référence aux nodules jaunes caractéristiques de la maladie. Outre une atrophie du foie, la cirrhose alcoolique peut également entraîner des troubles vasculaires.

L’étude du certificat de décès nous apprend que Louis, en plus d’une cirrhose du foie, aurait développé une tuberculose. Comment pouvons-nous en déduire cela ? Louis est décédé dans la salle Chomel. Or, selon le rapport sur l’isolement des tuberculeux et la lutte contre la tuberculose, édité par Administration générale de l’assistance publique à Paris, en 1906, la salle Chomel se situait dans le quartier des tuberculeux. Elle se trouvait au rez-de-chaussée, et comptait trente lits. Les infections bactériennes sont des complications fréquentes et graves de la cirrhose alcoolique.

 

Dernier point intéressant concernant la situation familiale de Louis. C’était le flou total pour l’administration de l’hôpital. On le savait veuf, mais de qui ? En tout cas, il n’est aucunement fait mention de la mystérieuse Hélène.

 

Après une vie mouvementée, Louis n’est mort ni paisiblement, ni entouré des siens.

 

Sources

« René Théophile Hyacinthe Laennec », Wikipedia, consulté le 12 juin 2016. URL https://fr.wikipedia.org/wiki/René-Théophile-Hyacinthe_Laennec

« Les Maladies du foie et leur traitement », par les Drs Marcel Garnier, Pierre Lereboullet, Herscher, Maurice Villaret, Lippmann, Chiray, Ribot, Jomier, P.-Émile Weil, Paul Carnot. Date d’édition 1910, consulté le 12 juin 2016. URL  ark:/12148/bpt6k5589449t 

Léon Bourgeois,  « L’Isolement des tuberculeux et la lutte contre la tuberculose : le dispensaire, le quartier spécial, l’hôpital suburbain », Administration générale de l’assistance publique à Paris. Date d’édition 1906, consulté le 12 juin 2016. URL  ark:/12148/bpt6k6122307j 

C. Silvain, « Infections bactériennes et cirrhose alcoolique ». Publié le 1 janvier 2005, consulté le 12 juin 2016. URL http://www.em-consulte.com/article/35782/infections-bactériennes-et-cirrhose-alcooli