Les grandes périodes de la police parisienne : de 1800 à 1945

C’est en 1800 que Bonaparte dote Paris d’un préfet de la Seine, Nicolas Trochot, pour l’administrer.

Suite aux évènements qui se sont déroulés pendant la Révolution, il n’était pas envisageable de laisser tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Bonaparte créé donc la Préfecture de Police et nomme, comme premier préfet de police, Louis Dubois.

Mais Paris reste une ville qui fait peur. Bonaparte prend donc soin de choisir deux personnes qui se haïssent cordialement; diviser pour mieux régner.

Une des premières affaires que le préfet Dubois aura à traiter est celle de l’attentat de la rue Sainte-Nicaise.

Le 24 décembre 1800, le carrosse de Bonaparte circule rue Sainte-Nicaise lorsqu’il est ralenti par une petite fille tirant une jument et une charrette. Rapidement, le cocher de Bonaparte aperçoit de la fumée provenant de l’arrière de la charrette. Il fouette ses chevaux et file à toute allure. Quelques secondes après, la charrette explose tuant la petite fille, la jument et d’autres personnes.

Paris connaît son premier attentat « aveugle », visant à faire le plus de victimes possible.

 

Attentat de la rue Sainte-Nicaise

Cette affaire est également la première affaire judiciaire résolue grâce à un signalement : celui de la jument.

Les policiers ramassent les restes de l’animal afin d’en faire un signalement, ainsi que ses fers. Munis de ce « portrait robot » et des fers, ils vont alors faire le tour de tous les maréchaux-ferrants et vendeurs de chevaux de Paris. Un des vendeurs se souviendra avoir vendu la jument. Les policiers remontèrent ainsi la piste des chouans de Bretagne. Sur trois individus impliqués, deux furent arrêtés; le dernier s’enfuit en Angleterre. (1)

Cet attentat ne sera pas le dernier de la chouannerie bretonne à l’encontre de Bonaparte.

Georges Cadoudal, commandant en chef de la résistance bretonne, organise l’enlèvement de Bonaparte; mais le complot échoue.

Cadoudal resistera à son arrestation en 1804 et tuera un policier dénommé Buffet, premier officier mort en service. Cet évènement aurait donné lieu à l’expression « prendre une balle dans le buffet ». (2)

Arrestation de Georges Cadoudal
 
 

Ces attentats ne sont que le début d’une longue série. En effet, Louis Philippe, qui régna de 1830 à 1848, détient le triste de record du nombre d’attentats perpétrés contre un dirigeant : en 18 ans de règne, il échappa à 15 tentatives d’assassinats. Le plus célèbre étant celui de la machine infernale.

Le 28 juillet 1835, Louis Philippe doit saluer la Garde Nationale. A auteur du numéro 50 du boulevard du Temple, une fusillade éclate, faisant 19 morts. Louis Philippe n’aura qu’une éraflure au front.

L’auteur, Giuseppe Fieschi, blessé par l’explosion de sa machine sera arrêté quelques instants plus tard. L’enquête révèlera que :

– l’attenat a échoué pour deux raisons :

– au moment de la mise au point, un complice devait se placer boulevard du Temple à l’endroit où Louis Philippe devait passer. La circulation étant trop importante il ne put rester suffisamment longtemps pour pointer correctement la machine

– alors qu’il allait mettre le feu aux mèches de la machine, Fieschi reconnu dans la garde à cheval devançant Louis Phlippe un ancien camarade d’armée. Il attendu qu’il soit passé afin de l’épargner avant de déclencher la mise à feu.

– l’explosion n’était pas due au hasard mais au sabotage de la machine. Apprenant cela, Fieschi dénonce ses complices qui seront arrêtés. Suite à cette dénonciation, Fieschi obtient un ultime privilège, celui de passer en dernier sur l’échafaud afin de voir ses complices mourir. (3)

Fieschi et sa machine infernale

La machine infernale est faite de 25 canons de fusils disposés sur un châssis, pouvant être mise à feu par un seul individu, elle pouvait tirer 25 projectiles de mitraille.

Cette machine aurait inspiré les fameux orgues de Staline.

Deux autres grandes dates sont à retenir pour le XIXe siècle :

– 1887 : création du service de l’Identification judiciaire (qui deviendra l’identité judiciaire en 1893) confié à Bertillon (4)

– 1893 : nomination de Louis Lépine au poste de préfet de police. Il est à l’origine de la brigade fluviale, de la brigade cycliste (hirondelles), instaure les passages piétons, fonde en 1909 le musée de la Préfecture de Police.

Le Préfet Louis Lépine
 

Trois grandes dates marqueront le XXe siècle :

– 1907 : le directeur de la sûreté nationale, Célestin Hennion, met en place les Brigades du Tigre, l’ancêtre de la police judiciaire.

– 1913 : devenu préfet de police, Hennion organise la préfecture de police selon son architecture actuelle.

– 1944 : le 15 août, alors qu’ils étaient au service de l’occupant allemand depuis 1940, les policiers se mettent en grève et s’empare de la préfecture entre le 19 et 25 août.(5)

PARIS – GUERRE – LIBERATION Guerre 1939-1945. Libération de Paris. A la Préfecture de Police, 23 août 1944. JAH-H-449 © Pierre Jahan / Roger-Viollet