La charge de lieutenant général de police disparaît dès les débuts de la Révolution. Pendant les dix années que va durer la Révolution, les révolutionnaires ne vont réussir à lui donner un successeur. Six administrations de police se succéderont.


La disparition du lieutenant général de police est une conséquence directe de la journée du 14 juillet 1789 et la prise de la Bastille.
Alors que les révolutionnaires massacre la garnison et le gouverneur, Bernard-René Jordan de Launay (sa tête sera mise au bout d’une pique), le lieutenant général de police, Louis Thiroux de Crosne, dépassé par les évènements, démissionne et s’enfuit.

Prise de la Bastille et du seigneur de Launay




Il remet ses pouvoir à la nouvelle autorité, la mairie de Paris, qui apparaît en juillet 1789 (pour disparaître en 1794). Ce sera la seule fois où les fonctions de maire et de lieutenant général de police seront cumulées. 
En effet aujourd’hui, le maire de Paris, en dehors du stationnement, n’a pas de pouvoirs de police. Tous les pouvoirs sont dans les mains du préfet de police.

Le maintient de l’ordre était assuré par la garde nationale, créée spécialement pour encadrer les milices, nées de la Révolution.
Afin d’encadrer ces force, la fonction de commissaire de police, supprimée au début de la Révolution, est rétablie. Les commissaires sont maintenant élus par les habitants des quartiers.

La Garde Nationale à l’Hôtel de Ville de Paris

Le 27 juillet 1794 Robespierre perd la majorité à la Convention. Il est arrêté et attend son procès devant le tribunal révolutionnaire.
Le maire de Paris, Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot, partisan de Robespierre, déclenche un soulèvement contre la Convention Nationale. Avec l’appui des gardes nationaux, qu’il a sous ses ordres, il fait libérer Robespierre.
Néanmoins, cette révolte échoue, par manque de chef. En effet, Robespierre, légaliste jusqu’au bout, refusera de cautionner une révolte illégale contre le pouvoir légal en place.
La Convention reprend le dessus. Robespierre et ses partisans, dont le maire de Paris, sont guillotinés le 28 juillet. 
Le 29 juillet, la Convention fait également guillotiner tout le personnel de la commune de Paris, soit 80 personnes.

Exécution de Robespierre et de ses complices conspirateurs



Suite à cet évènement, la loi du 11 octobre 1795 supprime la fonction de maire de Paris et divise la ville en 12 arrondissements indépendants.
En 1800 Bonaparte dissout des 12 municipalités indépendantes, Paris redevient une commune avec 12 arrondissements (ou divisions administratives) et est administré par le préfet de la Seine. Les pouvoirs de police sont confiés au préfet de police.

Nouveau plan routier de la ville et fauxbourgs de Paris, divisé en 12 arrondissements ou municipalités, an IX (0)


Anecdotes historiques :

  • Alors que plusieurs députés, dont Robespierre, souhaitent abolir la peine de mort, le docteur Guillotin présente dès 1789 un discours devant l’Assemblée Nationale où est fait mention de l’égalité devant la mort et présente sa machine. C’est en 1791 que le député Le Peletier Saint-Fargeau propose que soit inscrit dans le code pénal la définition : « tout condamné à mort aura la tête tranchée » (1)

  • Le 1er juillet 1810, l’ambassadeur d’Autriche à Paris organise un bal en l’honneur du mariage de Napoléon Ier et l’archiduchesse Marie-Louise. Lorsqu’une bougie met le feu à la draperie qui décore la salle, la panique s’empare des convives. Postés à l’extérieur les gardes-pompes ont beaucoup de difficultés à se frayer un chemin parmi les convives paniques qui tentent de s’enfuir. Le bilan fut lourd, environ 100 convives périrent. Ce tragique évènement mis en avant l’incapacité des gardes-pompes à agir rapidement, un manque d’entraînement et de commandement efficace; sans parler du fait que certains d’entre eux étaient encore saouls d’une fête organisée la veille. Napoléon supprime alors ce corps de gardes-pompes pour créer le bataillon militaire des sapeurs-pompiers de Paris. (2) (3)