Origines : la généalogie s’invite à la télé

On le répète assez souvent : la généalogie s’apparente à une enquête policière. Le généalogiste collecte des indices, piste les témoins pour établir la vérité. Alors, lorsque qu’une série met en avant une généalogiste qui s’associe à un policier, notre curiosité est éveillée

Margot Laurent est généalogiste professionnelle, historienne, linguiste. Lorsqu’une de ses clientes la missionne pour retrouver sa  sœur  avec pour seul indice la photo d’une demeure, elle se retrouve malgré elle sur les lieux d’un crime perpétré pendant une cousinade. Les deux affaires auraient-elles un lien ?

Le commissaire Stavros, vieil ami de Margot lui demande d’aider le Capitaine Arthur du Plessis à faire toute la lumière sur le crime.

Le premier épisode d’Origines pose les bases de la série ; Margot, généalogiste passionnée, Arthur, jeune flic muté de Paris qui semble avoir aussi sa part de secrets, Stavros, le commissaire ami de Margot, Maud, la bleue toute aussi passionnée que Margot et pointue qu’Arthur et  sœur Astrid, l’indic de Margot, qui fera rêver bon nombre de généalogistes.

La série a été tournée en province, dans la région d’Angoulême. Tristan Petitgirard, scénariste, explique ce choix (1) :

Il fallait que ça respire les vieilles pierres. C’est une série qui est sans arrêt entre le passé et le présent. (…) Paris est une ville migratoire, les gens bougent énormément. En province, on est ancré dans les familles.

La difficulté a été de trouver des histoires alliant l’enquête policière et la généalogie. Aux « Origines » du crime, des histoires soit familiales soit historiques menant à des drames humains.

Sur cet aspect, je ne peux que penser à Nigel Barnes, le généalogiste créé par  l’auteur britannique Dan Waddell.

Toute série policière a ses conseillers. Ici, il s’agit de Jean-Louis Beaucarnot, pour l’aspect généalogie familiale et Guillaume Roehring, pour l’aspect successoral.

Selon Tristan Petitgirard, les généalogistes sont des historiens, des graphologues, des linguistes. Ainsi,  Margot n’est pas qu’une généalogiste, c’est une passeuse d’histoire(s).

Micky Sébastian, l’interprète de Margot, voit en elle une femme passionnée, qui aime son métier et les gens.

 

© France 3/ Sama Production/ Alberto Boscogil

J’ai pu visionner les  six épisodes de la première saison.

Pour être honnête, je ne suis pas fan des séries françaises que je trouve trop mollassonnes, tant par le rythme que par l’interprétation ou les intrigues.
Sur les six épisodes, un seul m’a paru plus faible que les autres (je ne vous dirai pas lequel, à vous de juger). Je n’ai pas vu le temps passer pour les cinq autres.
J’ai aimé l’interprétation de Micky Sébastian, qui campe une femme discrète mais passionnée, jusqu’à poursuivre le Capitaine Arthur du Plessis sous la douche ; Arthur du Plessis, jeune flic parisien, muté en province, tiré à quatre épingles, parlant un français parfait, agacé par l’idée de se faire assister par une civile aux théories farfelues ; le mystère que représente sœur Astrid, responsable au sein de son couvent de l’archivage de documents dont ceux de l’armée et des RG.
Histoires de famille, des colonies, du patrimoine, toutes les richesses qui font la généalogie sont représentées, jusqu’à enquêter sur la « généalogie » d’une armoire ou d’un perroquet.
France 3 nous offre une série originale, bien interprétée, qui a toutes les chances de conquérir un public de généalogistes et d’amateurs de série policières.
En guise de conclusion, je formulerai trois vœux :

  1. Qu’il y ait une deuxième saison
  2. Que Margot ne traite pas les généalogies que sur Genealogie.com . Outre le placement de produit fait trop lourdement à mon goût (il en serait de même pour toute autre base de données), je trouve peu probable qu’une généalogiste ne travaille pas à partir d’un logiciel.
  3. Que Margot trouve, au moins une fois, la réponse à une question généalogique ou historique sur un blog de généalogie ou une indexation réalisée par une association. La série offre une formidable vitrine à la généalogie, c’est le moment de montrer que la généalogie bouge et est bien ancrée dans son temps.

 

Rendez-vous le 20 septembre sur France 3 pour le premier épisode de la série Origines, « L’arbre déchiré ».

(1) Lire également l’interview de Tristan Petitgirard sur le blog de La Revue française de généalogie, publiée le 8 septembre 2014.