Parcours d’un enfant de l’Assistance dans l’Yonne

Les cordonniers sont les plus mal chaussés. Alors que je connais tous les recoins du village de mes ancêtres dans le Lot-et-Garonne, je ne savais rien des villages dans lesquels mon grand-père paternel a passé son enfance. A l’occasion du généathème « village », je vous emmène sur les pas d’un enfant de Paris placé dans l’Yonne.

 

Si vous suivez le blog régulièrement, vous êtes familiers avec l’histoire de mon grand-père paternel, Marcel Simard. Né en 1904, abandonné en 1910 par son père, sa mère ne pourra jamais l’avoir de nouveau à ses côtés, ses ressources étant insuffisantes.

A son adolescence, il fut placé dans des fermes dans l’Yonne. Le bureau gestionnaire était à Toucy. Malheureusement, les traces et archives semblent perdues.

 

Si je connais le nom des familles, des villages ainsi que les périodes grâce à son dossier de l’Assistance, il me faut trouver où exactement. Direction donc les Archives départementales à Auxerre pour éplucher les recensements.

 

La lecture des recensements me renseigne sur la situation géographique des fermes pour deux des trois villages (Moulins-sur-Ouanne, Lalande, Sementron).

 

J’en profite pour éplucher les recensements de Taingy. En effet, c’est dans ce village qu’en 1927 Marcel épousa Marie-Josèphe Barillé, alors que cette dernière était originaire de Levallois-Perret.

 

Taingy, la mairie. Hier.
Taingy, la mairie. Aujourd’hui

Comme toujours en généalogie rien n’est simple. Pour une découverte faite vous gagnez un mystère en plus.

La découverte : En 1921, vivaient et travaillaient à la ferme au lieu-dit Richebourg, Marguerite Barillé, la mère de Marie-Josèphe, Lucienne, sa soeur et l’époux de cette dernière, Robert Chevalier. En 1926, s’ils demeurent toujours à la ferme, j’apprend que Marguerite y est couturière et a deux aides avec elle.

Le mystère : aucune trace de Marie-Josèphe, ni à Richebourg ni dans les villages alentours. Où était-elle avant de réapparaître en 1927 pour son mariage ? Son histoire familiale me donne néanmoins des pistes de recherches que je vais devoir explorer (à suivre …)

 

Taingy, Richebourg, la ferme.

Munie de ces renseignements, je me mets en route pour ma première destination : Moulins-sur-Ouanne.

Avant de me rendre au lieu-dit, je m’arrête dans le village :

C’est dans cette église que le 14 mai 1916, Marcel a été baptisé (pour la deuxième fois)

 

L’église telle que Marcel Simard l’a probablement connue

De 1919 à 1920, il est placé chez la famille Gauthier, dont la ferme était située au lieu-dit Les Mittards.

Bonne nouvelle il n’y a qu’une seule ferme. Avant de prendre des photos de l’endroit, je me présente à la propriétaire afin de lui expliquer ma démarche et lui demander l’autorisation de photographier la maison et la ferme.

Maison-ferme construite en 1881.

Au cours de notre échange j’apprend qu’il s’agit de la ferme familiale et que son mari est l’arrière-petit-fils du fermier ayant accueilli mon grand-père. J’ai également eu le plaisir de m’entretenir avec la petite-fille de Monsieur Gauthier. Aujourd’hui âgée de 91 ans, elle n’a bien évidemment pas connu mon grand-père mais se souvient des garçons de ferme qui étaient placés chez son grand-père. Ils étaient tous très bien traités m’assure-t-elle.

« D’ailleurs où vous vous trouvez, c’est là où ils dormaient ».

Logis des garçons de ferme

 

Je n’ai pas eu autant de chance pour Lalande et Sementron; je n’ai pas réussi à identifier les fermes où mon grand-père a été placé.

Quoiqu’il en soit, j’ai retiré de cette journée beaucoup plus d’informations et d’émotions que je ne l’aurais imaginé.

 

Mon conseil : lorsque vous partez sur les pas de vos ancêtres, frappez aux portes, faites vous connaître, vous aurez peut-être la chance qu’une porte s’ouvre sur un pan de votre histoire familiale.