Plaidoyer pour mes ancêtres sans histoire

Depuis quelques temps, les généalogistes parlent de leurs ancêtres Invisibles, ceux qui n’on pas laissé de traces dans l’histoire, ceux dont on se soucie peu. Que signifie ce terme ? Est-il approprié ?

En avril 2014, Elise, du blog Auprès de nos racines, publiait un article intitulé Comment parler des Invisibles.  Elle y explique avoir trouvé ce terme sur différents sites littéraires, et le trouve approprié pour une certaine catégorie d’ancêtres de nos généalogies.

Les Invisibles, à notre époque comme du temps de nos ancêtres, ce sont ces individus qui n’ont pas eu de destin particulier. Ils n’ont laissé leur nom que sur quelques actes d’état civil, ils sont restés dans l’ombre et n’ont jamais fait parler d’eux, et ont, somme toute, vécu une vie tout à fait ordinaire.

 

Depuis, ce terme est employé par la communauté généalogique afin de parler de ces ancêtres sans histoire(s).

Je dois vous avouer que ce terme me gêne, car je lui trouve une connotation négative, voire péjorative.

Le Larousse définit le mot invisible comme suit :

  • Qui n’est pas perceptible par la vue
  • Qui agit dans l’ombre
  • Qu’on ne peut pas voir, rencontrer

Si nous pouvons écarter la première définition, les deux autres s’appliquent à nos ancêtres quels qu’ils soient. Nous ne pouvons les voir, ni les rencontrer, à notre grand désespoir, et ils ont agit dans l’ombre de l’Histoire, dans l’ombre de notre histoire.

 

Tous nos ancêtres sont importants

Je suis d’accord avec Elise quand elle dit que ces ancêtres sont importants :

Sur ces Invisibles, nous ne savons rien, et pourtant, ils sont tout aussi importants que nos autres ancêtres, puisque sans eux nous ne serions pas là.

Je le suis moins quand elle dit qu’ils le sont tout autant que les autres ancêtres. Bien sûr, il y a des ancêtres qui auront laissé plus de traces que d’autres dans les archives, mais faut-il pour autant les catégoriser ? Dire qu’il y a les Invisibles (notez la majuscule), et les autres.

ancêtres invisible généalogie sebilleau

 

Mon problème vient peut être du fait que je n’aime pas catégoriser, et encore moins mettre des personnes dans des cases.

Plutôt que d’étiqueter tel ou tel ancêtre, et par extension telle ou telle personne, d’Invisible, je préfère me demander pourquoi je ne les vois pas ?

 

Rendre visible l’invisible

Lorsque nous commençons notre généalogie, nous ne nous intéressons principalement qu’à trois actes, par manque de méthode, et de connaissance des archives. Avec le temps, certains font le choix de rester avec trois actes, d’autres choisissent de creuser plus profondément.

Dans certains cas, il est aisé de creuser. Contrats de mariage, testament, acte de vente, casier judiciaire… nos ancêtres nous ont laissé de quoi retracer leur vie. Dans d’autres cas, il faudra creuser plus profondément, comme l’a fait Nathalie pour ses Sosa 3562 et 3563, meuniers à Clessé. Ce n’est pas parce qu’elle ne savait pas grand chose au début de ses recherches, qu’ils étaient invisibles pour elle.

De mon côté, je continuerai à chercher la vie de mes ancêtres, ceux avec un passé, et ceux sans histoire, parce que pour moi, ils ne sont pas invisibles, ils attendent simplement que je leur redonne vie, le temps de mes recherches.