Tiens toi droite !

Lorsque je travaille sur ma généalogie, des souvenirs d’enfance refont surface, un nom rapidement évoqué, un évènement dont les adultes ne voulaient pas parler, …

Et puis il y a les photos, comme celle de mon arrière-grand-mère Philomène, dont je vous parlais ici.

Une autre de mes arrière-grand-mères était et est encore tout aussi mystérieuse mais pour d’autres raisons.

 

Marguerite ROBIN (vers 1956)

Marguerite Félicie ROBIN est mon arrière-grand-mère paternelle. Je ne l’ai pas connue, mais le premier souvenir que j’ai d’elle résonne encore à mes oreilles « Tiens toi droite ou tu vas ressembler à ton arrière-grand-mère ».

Le portrait trônait sur le buffet chez mes grand-parents. Dès que je m’affaissais un peu sur ma chaise, j’avais droit à cette « terrible » phrase. J’écris « terrible » car je regardais ce portrait avec angoisse. Cette femme, bossue, me fixant du regard, semblant approuver ce qui m’était dit.

Qui était-elle ? Je ne l’ai su que le jour où je me suis penchée sur ma généalogie.

 

Marguerite Félicie ROBIN est née le 10 mars 1879 à Châteauneuf-sur-Charente (16) d’un père cultivateur et d’une mère journalière. Son père meurt alors qu’elle n’avait que 8 mois. En 1896, sa mère décède, Marguerite a 17 ans.

Un an plus tard elle se marie avec Jean BARILLE, boulanger, de 8 ans son aîné. Ils partent s’installer à Tours, mais c’est à Saint-Géréon, chez son père et en l’absence de son époux , « absent pour cause de devoirs professionnels » qu’elle donne naissance le 17 mai 1898 à son premier enfant, Lucienne.

L’histoire se complique en 1907, année du divorce entre Jean et Marguerite. La transcription m’apprend que :

(…) Pour ces motifs, prononce le divorce entre les époux BARILLE et ce aux torts de la femme. Déboute la dame BARILLE de sa demande reconventionnelle (?). Et attendu que le divorce entraîne la séparation des biens, ordonne la liquidation de la communauté ayant existée entre les époux BARILLE ainsi que les (?) et reprises de la femme (…); Dit que le sieur BARILLE conservera définitivement la garde de l’enfant mineur à lui confier par l’ordonnance présidentielle du huit juin mil neuf cent quatre et (?) également celle de l’enfant qui avait été confié à sa mère par ordonnance. (…) Dit qu’à partir de ce jour la dame BARILLE cessera d’avoir droit à la pension alimentaire qui lui avait été allouée. La condamne en outre à tous les dépens.

Que s’est-il passé ? Il ne s’agit ici que d’une transcription du divorce. En effet,  le jugement n’a pas été trouvé dans les minutes des jugements civils de la 1ère et 2ème chambre 1907 (6U904) et dans les minutes de l’assistance judiciaire, 1er semestre 1907 (6U944)

 

Cette arrière-grand-mère reste bien énigmatique.