Tirez le meilleur parti des recensements.

Véritable mine d’informations pour le généalogiste, les listes nominatives de recensement font partie des sources indispensables pour reconstituer et suivre l’évolution d’une famille. Comment en tirer le meilleur parti ? Comment mettre en évidence ce bout d’histoire familiale ?

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« Les listes nominatives de recensement de la population ont été dressées de manière systématique à partir de 1836, tous les 5 ans (sauf pendant les années de guerre). Elles indiquent, pour chaque commune, par rue et par foyer, les nom et prénom des habitants, leur profession, leur place dans le ménage (chef de famille, épouse, fille, fils, domestique,…) et, selon les années, l’âge ou l’année et le lieu de naissance, la nationalité et même, pour l’année 1851, les infirmités et la religion. »

source Archives Ain

 

Vous retrouverez sur Geneawiki, deux tableaux récapitulant les informations disponibles dans les listes nominatives par année de recensement.

 

Comment suivre l’évolution d’une famille au travers des recensements ?

 

Je suis une utilisatrice avide des recensements. J’ai le sentiment d’entrer par la petite porte dans un moment donné de la vie de mes ancêtres. Qui étaient-ils ? Où vivaient-ils ? Avec qui ? Quels voisins ? …

Bien que je note toutes les informations dans mon logiciel de généalogie, j’avais le sentiment de ne pas aller au bout de ma démarche. L’intérêt des recensements n’est il pas de voir évoluer une famille ? Cet aspect n’est pas reproduit dans un logiciel, il ne vous redonne qu’une liste d’évènements et de dates.

 

C’est pourquoi, j’ai créé un tableau de suivi de recensement. Pour une fois, j’ai préféré le tableur à Evernote, vous allez comprendre pourquoi.

 

 
J’ai créé une colonne par année de recensement. Dans la première partie j’indique l’année, la ville, l’adresse, et la page du document.
 
Dans la deuxième partie, j’indique les informations concernant l’époux et l’épouse, à savoir : prénom et nom, âge, profession. A cette partie peut être ajoutée le lieu de naissance quand il est indiqué dans le recensement.
Viennent ensuite les enfants avec les mêmes informations que pour les parents.
Je termine par les informations complémentaires comme les autres membres de la famille ou apprentis logés à la même adresse, ainsi que le constat que j’établis.
 
 
De l’utilité des couleurs.
 
Faire un tel tableau sur Excel me permet de jouer sur les couleurs. Ainsi, j’accentue le jaune sur l’enfant du couple qui est mon Sosa. De même, en jouant sur les tonalités de rose, je fais apparaître que l’épouse n’est pas la même. Dans ce cas, je me demanderai pourquoi : décès ? divorce ? Enfin, le fait de griser les cases non utilisées me permet de voir l’évolution de la cellule familiale et au besoin, de pousser plus loin les investigations.
 
Ainsi en établissant ce tableau, j’ai découvert que Joseph Barillé a hébergé son petit-fils Jean, fils de Jean. Cela me donne une nouvelle piste de recherche pour mon ancêtre. Pourquoi a-t-il confié son fils à son père ? Où était-il sur toute cette période ?
 
Autre information intéressante, j’apprends qu’en 1866 Joseph est paralytique et qu’en 1872 sa seconde épouse est dite veuve de Joseph. Non seulement, cela me permet d’établir une fenêtre de recherche pour son décès, mais également une idée de la cause dudit décès.
 
Un fichier, plusieurs familles.
 
Le tableur me permet également de créer des feuilles par famille de Sosa. Après avoir étudié la famille de Joseph, je vais étudier celle de Jean son fils, puis son petit-fils qui sont mes Sosa, mais aussi chacune des familles de ses autres enfants. Grâce au lien que j’ai mis entre la feuille des enfants et celle du père, je peux naviguer facilement entre chaque famille.
 
 
Des découvertes.. et des surprises !
 
Bien sur, où serait l’intérêt d’une telle démarche si tout était aussi bien lissé que dans le tableau que je viens de vous présenter ?
 
Si les agents recenseurs de Saint-Géréon en Loire-Atlantique ont fait preuve d’une rigueur exemplaire dans les informations relevées, on ne peut pas en dire autant des agents qui se sont occupés des recensements de Penne d’Agenais dans le Lot-et-Garonne.
 
 
Vous noterez que le tableau est beaucoup moins clair que le précédent, qu’il n’y pas de cases grises, bref c’est le bazar, et pour cause … 
 
Avant de me pencher sur la famille Simard – Albagnac, je savais que le couple avait quatre enfants : Pierre né en 1824, Pierre né en 1828, Pierre né en 1830 et Jean né en 1833.
Si je retrouve mes trois Pierre dans le recensement de 1836, je me retrouve non pas avec un Jean mais avec un Jean Baptiste âgé de 1 mois. Cela m’encourage à aller vérifier dans les décès entre 1833 et 1836. J’y ai bien trouvé le décès de Jean en 1835. Donc Jean-Baptiste est un cinquième enfant. 
Puis vient le recensement de 1841, avec un autre Pierre et aucun âge d’indiqué !
En 1846, j’ai toujours quatre Pierre avec, cette fois-ci des âges. Puis en 1851 un Jean apparaît, âgé de 4 ans. Mais il disparaît en 1856 au profit d’un Pierre âgé de 9 ans !
 
Vous l’aurez compris, pour éclaircir cet imbroglio, il faut se plonger dans les registres d’état-civil.
 
Bien que les recensements de Penne d’Agenais soient un bazar sans nom, ils m’ont permis de retrouver 5 autres enfants au couple Simard – Albagnac : 
  • Pierre né en 1824, mort en 1836
  • Pierre né en 1828
  • Pierre né en 1830, mort en 1885 (mon ancêtre)
  • Jean né en 1833, mort en 1834
  • Jean (Baptiste) né en 1836
  • Pierre né en 1839
  • Pierre né en 1841
  • Pierre né en 1843
  • Pierre né en 1847
En continuant l’étude via des recensements, je découvre qu’en 1876 Marie Albagnac vivait chez son fils Pierre, celui né en 1843, alors charron (fabricant de chars, charrettes, tombereaux, brouettes …).
 
 
 
En 1881, Pierre héberge non seulement sa mère mais aussi son beau-père. Il est toujours charron et son affaire doit prospérer car sont cités à la même adresse 3 ouvriers (2 charrons et 1 forgeron) ainsi qu’un apprenti. 
En 1886, s’il n’héberge plus qu’un ouvrier, il exerce la profession de carrossier (fabricant de carrosses et autres voitures à cheval). 
 
Ces informations sont précieuses pour partir à la recherche d’archives sur son activité.
 
Les listes nominatives de recensement, une mine pour le généalogiste.
 
Nous avons vu ensemble que les recensements, s’ils peuvent être longs à étudier, surtout pour les grandes villes, sont un point de passage obligé pour tout généalogiste. 
Ils vous permettront de découvrir de nouveaux enfants, membres de la famille, de mieux cerner une date de naissance ou de décès, de découvrir d’autres aspects comme l’aspect de la demeure ou une indication physique.
Le suivi d’une famille au travers des recensements vous donne également une trame pour rédiger une histoire familiale.
 
Convaincu ? Mettez en place votre tableau de suivi et partagez vos découvertes sur votre blog ou dans les commentaires !