Pendant le challengeAZ, je découvre la vie de mon arrière-grand-père, Louis Simard. Il n’a pas été le seul de sa famille a avoir une vie riche en évènements. L’histoire de Victoire, sa sœur aînée,  nous mènera jusqu’à la Première Guerre mondiale, et au-delà.

Louis avait deux frères, Charles et Alexandre. Je sais peu de choses sur Charles, l’aîné de la fratrie. En dehors de sa fiche matricule, et des quelques adresses qui y sont indiquées, je ne connais pas son parcours. Il y avait aussi Alexandre. Je ne pense pas pouvoir faire tout un challengeAZ sur lui, quoique, mais en menant l’enquête sur son frère, j’ai levé un pan du voile de sa vie. Il était miroitier, a vécu successivement avec Louis, puis avec sa mère Anne Sonnerat ; du moins, ils ont vécu dans le même immeuble à la même adresse. Il a été témoin sur beaucoup d’actes, naissances, mariage et décès. Charles et Alexandre feront surement partie d’une prochaine enquête généalogique…

Louis, Charles et Alexandre. Voilà le trio que je connaissais avant de me lancer dans cette aventure.  Et Louise…

D’elle, je n’avais qu’un nom, et une signature au bas de l’acte de baptême de Louis. En suivant le parcours des parents, Pierre Simard et Anne Sonnerat, j’ai fait une battue systématique de l’état-civil, afin de retrouver Louise.

Ce n’est pas Louise qui est venue à ma rencontre, mais Victoire. Victoire Louise Anne Simard.

Son acte de naissance m’emmènera de découvertes en découvertes.

 

Corsetière à Paris

Victoire naît le 24 mai 1867, chez ses parents, 4 rue du Chevaleret, dans le 13e arrondissement de Paris. Charles n’a que deux ans, et après elle viendront Alexandre (en 1869), et Louis (en 1878). La famille déménage rue Patay, toujours dans le 13e arrondissement, avant de s’établir rue Basfroi, dans le 11e arrondissement.

Elle se marie le 29 octobre 1887, à tout juste 20 ans, avec Pierre Conrieux. Il a 29 ans, il est doreur, et le couple vit déjà ensemble, au 77 rue de Charonne. Cette petite entorse aux règles ne les empêche pas de vivre dans le respect des traditions. Comme il se doit, Pierre a envoyé trois actes respectueux à ses parents, Pierre Joseph Conrieux et Marie Thérèse Barberot, dont le premier est en date du 3 août 1886, soit un an avant le mariage.

 

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Apprentie en atelier montant un corset à la machine

 

Victoire est corsetière. A-t-elle choisi ce métier ? A-t-elle été orientée vers cette filière, car « Faire apprendre à sa fille le métier de corsetière, c’est donc lui mettre entre les mains un capital consolidé, qui rapportera d’année en année des intérêts de plus en plus élevés. » ?

Le couple a deux enfants : Maurice, né le 2 janvier 1888, soit 2 mois après le mariage, et Lucienne, le 21 février 1891. La famille habite au 10 Passage de la Forge royale, non loin d’Anne Sonnerat, la mère de Victoire, qui habite au numéro 2, avec Louis et Alexandre.

Pierre Conrieux ne verra pas ses enfants grandir. Il décède le 7 mai 1892. L’acte précise qu’il est décédé en son domicile, au numéro 37 de la rue Servan. Il s’agit également de l’adresse de ses parents. Sont-ils venus habiter dans le même immeuble après la naissance de Louise, ou est-il décédé chez ses parents, alors que Victoire gardait les enfants, Passage de la Forge royale ?

 

Victoire a 24 ans, et deux enfants en bas âge ; Lucienne qui sait à peine marcher, et Maurice qui n’est pas encore à l’école.

 

Ce premier mariage n’est pas indiqué en mention marginale de son acte de naissance. C’est en retrouvant l’acte du mariage mentionné, que j’ai découvert son veuvage, puis ses enfants.

 

De la jeune corsetière à la famille nombreuse

Son remariage, le 26 janvier 1904, fut l’occasion de faire d’autres découvertes, à commencer par le second époux de Victoire. Je peux enfin dire que ma généalogie sort des frontières. Edmond est né à Mohelnice, alors en Autriche, et aujourd’hui en République Tchèque.

Je sais, ce sont des collatéraux, mais ne gâchez pas mon plaisir.

Le père d’Edmond, Franz, est décédé. Sa mère, Marie Schubert est mentionnée disparue. Que s’est-il passé ? Dans quelles circonstances Edmond est arrivé en France ? Encore une enquête à mener !

Deuxième surprise : Maurice et Lucienne ont trois demi-frères et sœur, Alice née en 1898, Edmond né en 1899 et René né en 1901.

Alice se marie à Montreuil en 1916 avec Mario Constant. Elle décède en 1975, à Paris.

Edmond se marie à Paris en 1924 avec Jeanne Brunin, puis en 1936, toujours à Paris, avec Fernande Vaure. Il décède à Créteil en 1997.

René se marie à Montreuil en 1923 avec Marie Juliette Petitpas, puis en 1936, à Paris, avec Suzanne Pierre. Il décède à Saint-Maur-des-Fossés en 1979.

 

Ces découvertes étant récentes, je n’ai pas encore tous les actes les concernant. Aurai-je d’autres surprises ?

 

La dernière surprise de Victoire

Je remarque qu’Alice et René se sont mariés à Montreuil. Je vais devoir rechercher dans les recensements, archives fiscales et autres listes électorales pour vérifier si la famille y était installée.

La dernière surprise de Victoire n’est pas son adresse supposée, mais la mention en marge de son acte de mariage avec Edmond.

Victoire et Edmond ont divorcé. Rien de surprenant, me direz-vous, certes. Si je vous dis qu’ils ont divorcé en 1925 ?

Ils sont âgés de 57 ans, et tous les enfants sont mariés. Ont-ils attendu ce moment pour se séparer ? Le jugement du divorce, que je n’ai pas encore, ne me l’apprendra pas, mais peut-être aurais-je un indice ?

Pour l’instant, l’histoire de Victoire s’arrête ici. Je n’ai pas encore trouvé son décès.

D’une simple curiosité, me voici de nouveau, partie sur de passionnantes recherches, allant de rebondissement en rebondissement.

 

Vous voici au bas de l’article, et vous cherchez le nom de famille d’Edmond ? Ce n’est pas un oubli. Rendez-vous pour le W 😉

 

 

Source

"Le Métier de corsetière" ; Union Des Industries Du Corset ; 1930 ; page= i-16 ; 
chapitre "Le Métier de corsetière". URL https://fr.wikisource.org/wiki/Le_M%C3%A9tier_de_corseti%C3%A8re ; consulté le 22 juin 2016