Méthode & Organisation

L’indexation est une aide, pas une fin en soi

30 août 2021

Dans une vidéo publiée à l’occasion de RootsTech Connect 2021, Jenny Joyce nous invite à “tuer nos ancêtres”. La raison que la généalogiste donne à cette méthode radicale est surprenante. En cause ? L’indexation et l’utilisation qui en est faite. Explications.

10 things you are doing probably wrong“. Dans cette énumération de mauvaises pratiques, il y a le non enregistrement des sources, la non prise en compte des changements de frontières, ou encore la non lecture des guides de recherche. Vous pouvez retrouver l’ensemble des dix points dans le syllabus de la présentation de Jenny Joyce en suivant ce lien [eng].

Tuez vos ancêtres

Par “tuer vos ancêtres”, Jenny Joyce entend trouver le décès de chacun d’entre eux. Elle explique que l’IGI (International Genealogical Index) ne comprenait à l’origine que les baptêmes et les mariages extraits des registres paroissiaux. Les généalogistes ont alors construit des arbres sans date de décès ou d’inhumation.

La conséquence ? Un individu avec des dates probables est intégré dans l’arbre. Or, lors de la consultation des registres paroissiaux, le généalogiste découvre que cette personne était morte en bas âge. L’individu n’est donc pas le bon et probablement pas son ascendance.

Cela vous semble exagéré ? Pourtant, dans notre empressement à construire nos arbres, nous avons souvent omis de vérifier les informations que nous collections.

L’indexation est une aide, pas une fin en soi

Aussi évident que cela puisse paraître, je vous invite à reprendre vos premières recherches. Êtes-vous sûr(e) des informations trouvées ? Il suffit de faire un tour sur les sites généalogiques pour constater que beaucoup d’entre nous collectent les données sans vérifier leur origine ni leur véracité.

Cela n’est pas spécifique aux bases de données commerciales. C’est le cas dans tous les projets, même les relevés faits par les associations. Pourquoi ? Parce que nous sommes humains et qu’une erreur est vite arrivée. Un nom mal orthographié, une erreur de saisie du département pour une commune homonyme ou une erreur de saisie de date … Autant d’erreurs possibles qui peuvent mener à l’erreur et nous faire partir sur de mauvaises pistes.

L’indexation est un outil formidable pour nous aider à retrouver nos ancêtres. Tous ne sont pas restés dans leur village d’origine et nous sommes parfois surpris à les retrouver à l’autre bout de la France, si ce n’est à l’étranger.

Mais il faut s’aider de l’indexation, ne pas se reposer dessus.

La véracité des informations, tu vérifieras

Comme je l’ai écrit plus haut, une erreur est vite arrivée. Personnellement, j’inverse souvent les mois et les jours lorsque je saisis une date. Comment faire pour (re)trouver le bon document ?

À l’origine tu iras

Une indexation est issue d’un document. Lorsque celui-ci est en ligne, consultez le et retrouvez les données indexées. Vérifiez qu’il n’y a aucune erreur.

Si le document n’est pas consultable en ligne, croisez les informations avec d’autres documents. La donnée indexée vous semble-t-elle cohérente avec les informations relevées sur d’autres documents ? Dès que possible, obtenez une copie du document indexé (par vous-même ou en profitant de l’entraide généalogique). Toutefois, tant que vous n’êtes pas en possession de l’original, estimez que cette donnée n’est pas fiable à 100%. Vous pouvez noter d’y revenir ultérieurement.

Tes sources tu indiqueras

Je vous ai dit qu’il m’arrivait d’inverser les jours et les mois dans mes saisies. Pour corriger mes erreurs, je reprends la source indiquée. Il ne me reste plus qu’à consulter de nouveau le registre à la vue que j’ai indiquée. J’indique mes sources comme ci-dessous.

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Sources – Heredis 2021 (version Mac)

Si la source n’est pas indiquée (ce qui fut souvent le cas lorsque j’ai débuté mes recherches), il ne me reste plus qu’à repartir à la pêche aux informations.

En conclusion

Aidez-vous de l’indexation et prenez votre temps. Prenez le temps de vérifier les informations trouvées en ligne, que ce soit à partir des indexations ou des arbres en ligne. Croisez les sources pour vérifier qu’il s’agit de la bonne personne.

Qu’est-ce qui différencie Jean MARTIN âgé d’environ 50 ans en 1788 et Jean MARTIN âgé d’environ 50 ans en 1786 ? À priori rien, même pas les deux ans d’écart d’âge, quand on sait que la notion d’ “environ” est une grosse louche de plus ou moins cinq ans.

Plutôt que de “tuer” Jean MARTIN, je vous invite à le faire revivre au travers des actes le concernant. Baptême, mariage, sépulture, actes notariés, de justice, témoin à des événements, membres de sa famille… C’est en le faisant renaître que vous vous assurerez de la validité des informations collectées.

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