Le 28 juin 2016, France2 diffusait en deuxième partie de soirée, Retour aux sources. Ce programme consacré à la généalogie faisait son retour après six ans d’absence. François Berléand est parti sur les pas de ses aïeux. Emission people ou véritable immersion dans l’émotion généalogique ? Mon avis sur l’émission.

 

J’ai toujours aimé les émissions traitant de généalogie à la télévision. Malheureusement, en France l’offre est rare. En 2008, j’ai découvert « Sur les traces du passé« , diffusé sur Arte. Pendant huit épisodes, nous pouvions suivre deux généalogistes, dont Pierre-Valéry Archassal, sur les traces du passé de monsieur et madame tout le monde. Je découvrais que la généalogie d’un quidam pouvait intéresser la télévision, même si le programme était confidentiel.

Huit épisodes, et puis s’en va. Il faudra attendre 2010 pour retrouver de la généalogie à la télévision, et par la même occasion, Pierre-Valéry Archassal.

 

Retour aux sources

Retour aux sources est la version française de l’émission britannique Who Do You Think You are (WDYTYA). Depuis 2004, nos voisins britanniques suivent des personnalités sur les pas de leurs ancêtres. WDYTYA est un tel succès que le concept se décline en un magazine, et en un grand salon généalogique, WDYTYA Live !

Depuis 2010, une version américaine est diffusée sur la chaîne TLC, sans compter les dix-sept autres déclinaisons internationales, dont la France. Cette même année, nous découvrions les histoires familiales de Clémentine Célarié, et Vincent Perez. Accompagnés de Pierre-Valéry Archassal, ils ont remonté le temps, pour découvrir une généalogie incroyable ou douloureuse.

Cette version française ne reprenait pas la structure de l’émission d’origine, à savoir suivre l’invité sur les pas de ses ancêtres, le/la voir franchir les portes de services d’Archives. Elle manquait d’un côté authentique, émotionnel.

 

retour aux sources, berleand

© Phare Ouest

 

De Berliand à Berléand

Que retenir de Retour aux sources version 2016 ? Que du bien. Le format a été revu pour coller à l’émission d’origine. Le généalogiste professionnel s’efface pour laisser la place à l’invité. Nous le suivons chez lui, puis de service d’Archives en service d’Archives. Nous le voyons assembler petit à petit le puzzle d’une histoire familiale méconnue.

Les coupures historiques permettent une respiration dans le programme. Elles remettent en perspective les évènements vécus par les personnes, dont l’invité retrace la vie. En suivant François Berléand, nous découvrons l’histoire internationale, la Révolution Bolchévique, l’immigration russe, ainsi que l’histoire de notre pays avec, la vie parisienne pour ces immigrés, l’intégration, le drame de la seconde guerre mondiale et des déportations.

La force de cette première émission est de transmettre les émotions au-delà de l’écran. Nul besoin d’être généalogiste pour deviner et ressentir l’émotion de François Berléand, lorsqu’il découvre pour la première fois, le visage de son grand-père. L’émotion est là, palpable. Lui ressemble-t-il ? Oui. Y-a-t-il un brin de psychogénéalogie qui avance masquée lorsque le comédien réalise que, sans avoir connu son grand-père, il a le même phrasé, la même gestuelle ? Oui. Cela n’enlève rien à la qualité du programme.

J’ai retenu une phrase pendant l’émission : « Les archives sont merveilleuses. Quand on les conserve. »

Oui, nous détenons des trésors. A nous de les découvrir, et de les faire parler.

 

Les critiques

Comme tout programme télévisuel, il y a ceux qui ont aimé, et ceux qui n’y ont pas trouvé leur compte. J’ai lu les critiques publiées sur la page Facebook de Geneanet, partenaire du programme. J’ai été effarée par certaines, reprochant ici un programme « people », ou là une émission faussée car « les portes s’ouvrent plus facilement pour les vedettes ».

Pour qu’un programme fonctionne, il faut une tête d’affiche. C’est comme ça. Parmi ceux qui critiquent le côté people, combien ont regardé l’émission d’Arte, qui était consacrée à des personnes comme vous et moi ? Je doute qu’ils en fassent partie.

Certains commentaires amères reprochaient que « forcément, mes ancêtres ne vont pas les intéresser ». Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un aïeul mort en camp de concentration, obligé de fuir les persécutions, ou même meurtrier. Même les fameux people peuvent avoir des généalogies sans grandes histoires. C’est le lot de tout le monde. Toutefois, avant de poser une telle affirmation, avez-vous suffisamment creusé votre généalogie ? Je viens de passer un mois à publier sur mon arrière-grand-père, alors que je pensais que n’aurais pas matière à publication. En voulant corriger, ce qui semblait une anomalie dans mon logiciel de généalogie, j’ai découvert un ancêtre paysan à la vie familiale pour le moins intéressante. Pourquoi ? Comment ?

En sortant des sentiers battus, et en fouillant dans des archives autre que l’état-civil ! Parmi les critiques, celle-ci revient souvent « parce que c’est une vedette, il a eu accès à des archives et pas nous ». Non ! Certes, François Berléand a bénéficié du travail d’un généalogiste professionnel qui n’a pas compté ses heures pour trouver tous ces trésors. Mais vous pouvez en faire autant par vous-même ! Toutes les archives consultées pendant l’émission sont accessibles au public. Je vous conseille le fil Twitter de la Revue Française de Généalogie, qui a publié tout au long de l’émission, les liens vers les différentes sources mentionnées.

Vos ancêtres sont étrangers ? Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un voyage payé par une maison de production. Mais vous pouvez contacter un généalogiste sur place, ou vous inscrire sur un groupe d’entraide. N’oubliez pas que, si l’émission dure 90 minutes, il aura fallut plusieurs mois de recherches, de fausses pistes, de déceptions, pour arriver à ce résultat. C’est cela la généalogie.

 

 

Un programme familial

J’ai la chance d’avoir un conjoint, et une fille, passionnés d’histoire. Quand à la généalogie, ils voient mon état à chaque découverte, et comprennent l’émotion que cela peut engendrer. Nous avons donc regardé le programme en famille. Je ne pensais que ma fille, qui n’a que 11 ans, serait intéressée jusqu’au bout. Je me trompais. Si elle a trouvé un peu longue la séquence à Odessa, moi aussi je vous l’avoue, elle a apprécié le reste du programme. Lorsque je lui ai demandé si elle avait aimé, elle m’a simplement répondu « C’était bouleversant ». Ce fut l’occasion d’évoquer avec elle certains points d’histoire, dont la déportation. C’est aussi l’occasion d’échanger sur le fait que nous sommes tous liés, d’une façon ou d’une autre, à la petite et à la grande histoire.

Malheureusement, l’horaire tardif de diffusion fait qu’il est difficile de le regarder en direct. Est-ce pour cela que seulement 684 000 téléspectateurs s’y sont intéressés ?

Il n’est pas trop tard pour vous rattraper ! Profitez du week-end pour regarder, en famille,  le programme en replay, sur FranceTV Pluzz. Je vous promets que le générique à peine terminé, vous aurez envie d’allumer votre ordinateur, et de vous replonger dans votre histoire familiale.

 

 

Quand l’histoire familiale rejoint la grande histoire, c’est un Retour aux sources.

 

 

Source

Page Facebook, « Retour aux sources », URL https://www.facebook.com/Retour-aux-sources-148386061851843/?fref=ts

Wikipedia : « Who Do You Think You Are », URL https://en.wikipedia.org/wiki/Who_Do_You_Think_You_Are%3F_(UK_TV_series), consulté le 30 juin 2016.