#challengeAZ : N comme nom de famille

Boudarel, Letellier, Coussay, Godard, Fremeau, Achon, autant de noms qui servent à distinguer une famille d’une autre. Le nom de famille fait partie des petits cailloux du généalogiste qui, tel le Petit Poucet, va le suivre, pour retrouver ses ancêtres.

 

Une brève histoire du nom de famille

  • Xe siècle : apparition des surnoms dans les documents. Ils concernaient surtout les nobles et les grands personnages.
  • XIe – XIIe siècles :  l’augmentation de la population rend nécessaire l’utilisation du surnom pour distinguer les différents porteurs d’un même prénom. Relevons toutefois, comme le site Alfred Dauzat (1)
  • On ne saurait concéder (…) que le nom fut un titre d’honneur : si ce sentiment a existé (…) chez les nobles, par orgueil du fief, il en allait tout autrement chez les roturiers, qui ont subi le surnom bien plus qu’ils ne l’ont recherché : les nombreuses désignations ironiqes et péjoratives ne pouvaient être un sujet de fierté.
  • 1406 : prescription est faite aux curés de tenir des registres de baptêmes; le but étant d’éviter des mariages consanguins.
  • 1539 : François Ier signe l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui rend obligatoire la tenue des registres dans chaque paroisse (2) et fixant ainsi les noms de familles :
  • Art.50. « Que des sepultures des personnes tenans benefces sera faict registre en forme de preuve pour les chappitres, colleges, monasteres et curez, qui fera foy pour la preuve du temps de la mort, duquel sera faict expresse mention esd. registres, pour servir au jugements des procès ou il seroit question de prouver led. temps de la mort, a tout le moins quant a la recrance. »
  • 1877 :  création du livret de famille. C’est à cette date que le nom de famille a définitivement été fixé dans son orthographe.

 

collection personnelle
 
 

Le nom et le généalogiste

C’est là que le généalogiste doit avoir l’oeil affuté et l’esprit vif car les variantes peuvent être nombreuses :

  • prononciation régionale : le nom est écrit comme il est prononcé, ou compris
  • appréciation personnelle : variante d’un curé à un autre, idem pour les officiers d’état civil
  • “j’écris comme je parle” : valable surtout à la naissance de l’état-civil (3) où l’officier “des tas civil”, bien que sachant écrire, n’était pas recruté sur ses qualités orthographiques

Pour un seul nom, dans le même registre, tenu par deux curés, j’ai pu relever : Prost, Prot, Prout, Proult, Prots…

Il faut donc suivre la piste du nom en tenant compte de tous ces éléments. Comme toujours, il ne faut pas commencer ses recherches avec des certitudes.

 

Le nom et le logiciel de généalogie

Je recommanderais de saisir le nom tel que vous le trouvez. C’est le moyen idéal pour suivre sur son arbre l’évolution du nom.

Néanmoins, lorsque sur le même acte vous trouvez le nom écrit différemment à chaque ligne, comment faire ?

Je saisis donc le nom tel qu’il est connu aujourd’hui et relève toutes les variantes dans le dictionnaire adéquat. J’aimerais cependant que mon logiciel, Heredis bleu, me permette d’éditer ou d’afficher facilement toutes ces variantes.

Et vous, comment saisissez-vous les noms de familles dans votre logiciel ?

 

(1) Albert Dauzat, Les noms de famille en France, 3ème édition, section II, page 39

(2) Document L’ordonnance royale de Villers-Cotterêts, consulté le 5 avril 2013 à l’adresse http://pedagogie.ac-toulouse.fr/artsetculture31/file/pdf/culture-occitane/Ordonnace_V_Cotterets.pdf

(3) Décret du 20 septembre 1792

Commentaire (6)

  • La Gazette des Ancêtres | #challengeAZ : Z comme Zézette épouse X| 16 avril 2015

    […] Sophie Boudarel, La Gazette des ancêtres, N comme Noms de famille, publié le 16 avril […]

  • valerie| 30 avril 2013

    Amusant, j’ai choisi pour le challenge le même thème, avec une variante : N comme NOM DE FAMILLE : INVARIABLE ? PAS TOUJOURS

  • Erbé| 22 avril 2013

    Je tente d'écrire les patronymes comme ils s'écrivent de nos jours et j'ajoute une note partagée dans laquelle j'identifie (je tente d'identifier…) toutes les graphies rencontrées de ce patronyme. J'ai malheureusement adopté cette règle un peu tard (en 2012) et j'ai beaucoup de mal à rattraper mon retard. Il m'arrive d'avoir des individus en doublons

  • Sébastien| 16 avril 2013

    J&#39;ai également le cas des patronymes écrits, retranscrits, traduits.. Par exemple, dans les registres paroissiaux de Luttange, Nicolas WAGNER est tantôt dénommé WAGNER, ou alors CHARRON (traduction) ou encore mieux CHARRY. Autre exemple, le patronyme KRISTIEN est écrit KISTIEN, KISTIGEN, KISTGEN ou … NOEL !<br />Je retranscrit aujourd&#39;hui les patronymes tels qu&#39;écrits, sauf dans le

  • Odile| 16 avril 2013

    Comme tout le monde j&#39;ai trouvé mon patronyme écrit de multiples manières. Celui qui m&#39;amuse le plus c&#39;est &quot;vaunouesse&quot; parce qu&#39;il me raconte comment on prononçait mon nom dans la campagne icaunaise, au 17 ou 18e siècle !<br />Dans Heredis 13 j&#39;écris sur la fiche individu le nom tel qu&#39;il figure dans l&#39;acte, et je retrouve toutes les variantes pour un même

  • fo_brice| 16 avril 2013

    Article intéressant! Je comprends pourquoi mon patronyme a changé d&#39;orthographe précisément vers la fin du XIXème siècle.<br />Quant à la saisie dans mon logiciel, je conserve l&#39;orthographe actuelle à part lorsqu&#39;il y a de gros changements.<br />Par exemple, lorsqu&#39;un &quot;d&quot; est remplacé par un &quot;t&quot; ou un &quot;i&quot; remplacé en &quot;y&quot; je conserve l&#39;

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