Rennes l’autre capitale de la lutherie ?

Mirecourt est bien connue pour ses violons. N’est-elle pas la capitale de la lutherie ? Est-ce la seule ville à pouvoir se targuer d’avoir de célèbre luthiers ? Non ! Car certains de ces artisans ont voyagé, emmenant et diffusant avec eux leur art, comme à Rennes.

 

Lorsque j’ai commencé à rechercher le parcours des luthiers de ma généalogie, je ne pensais pas finir à Rennes, en Ille-et-Vilaine, à 678 kilomètres de Mirecourt. Comme suis-je arrivée en Bretagne ?

Comme je vous le recommande dans cet article, je me suis également intéressée aux frères et neveux de mes ancêtres en lignée directe. J’ai ainsi fait la rencontre de Charles Basile Claudot.

Né le 15 mars 1824, Charles Basile est le troisième fils de Charles Augustin, fils de Charles François Claudot. Pour les distinguer, il est souvent fait mention de Charles I, Charles II et Charles III. Son oncle Nicolas, que vous découvrirez bientôt, est mon ancêtre à la 7e génération.

Charles Basile se marie le 21 novembre 1860, à 36 ans,  avec Joséphine Eulalie Couturieux, une jeune repasseuse de  8 ans sa cadette. Claude Joseph, le père de Joséphine, est … luthier.

 

Du premier au dernier voyage…

Avant d’épouser Joséphine à Mirecourt en 1860, Charles s’était déplacé à Rouen, en 1852, puis à Paris en 1856. Quelle en était la raison ? Parfaire son art ? Vendre des violons ? Je ne le sais pas encore. Selon des informations trouvées sur un arbre généalogique sur MyHeritage, Charles aurait voyagé jusqu’en Ecosse. Je ne peux l’affirmer, l’auteure de l’arbre n’ayant jamais répondu à ma demande de précisions.

Le dernier voyage de Charles l’amena à Rennes en Ille-et-Vilaine.

 

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Archives municipales de Rennes, décès (1887), cote 4E96

 

La Maison Bonnel à Rennes

Parmi les déclarants de son décès, nous trouvons Amand Bonnel, luthier. D’après le site Archives musique, facteurs, marchands luthiers qui cite René Vannes et son Dictionnaire des luthiers, Charles Basile fut le premier ouvrier de la maison Bonnel. Je suis étonnée de cette affirmation.

Après avoir étudié les recensements de Rennes, en me concentrant sur la Rue Nationale, également appelée Rue Impériale entre 1853 et 1870, j’ai bien retrouvé la maison Bonnel et tous ses employés, sauf un, Charles. Avait-il un logement à part ? Dans ce cas, pourquoi ? Si oui, où ? Mais son acte de décès précisant qu’il est mort Rue Nationale, à l’adresse de la Maison Bonnel, Charles serait-il alors décédé sur son lieu de travail ?

 

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Archives municipales de Rennes, Population (1886). Etats nominatifs, canton nord-est, cote 1F4/44

 

Pour répondre à toutes ces questions, il me faudrait consulter le Dictionnaire des luthiers de René Vannes pour lire la phrase dans son contexte et, le cas échéant, mener mes propres recherches à Rennes.

 

La maison Bonnel à Rennes est une institution. En 1897, le journal Le Panthéon de l’industrie, publiait un long article sur cette « véritable célébrité dans l’industrie des instruments de musique ». Joseph Bonnel s’établit à Rennes en 1840. Précision importante, son frère se fixa en 1827 à Rouen, où il fonda sa maison. Est-ce la raison du voyage de Charles Basile en 1852 ? Le succès de la maison Bonnel de Rennes est tel que « On peut dire, sans aucune exagération, que tous les artistes de Rennes, mais de toute la Bretagne, se servent de violons fabriqués chez Bonnel. »

 

Beaucoup de mystères entourent encore la vie de Charles Basile Claudot. Voici une nouvelle ligne à ajouter à ma liste de projets généalogiques : Partir dans les pas de Charles Basile Claudot.

 

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Sources et bibliographie

Archives de la lutherie, Index alphabétique des demandes de passeports (1852-1859) cote Edpt309/2J5

MyHeritage, Document historiques et arbres familiaux liés à Charles CLAUDOT

Archives musiques, facteurs, marchands, luthiers, Bossard-Bonnel marchands de musique à Rennes, 18 septembre 2009

Le Panthéon de l’industrie, Les instruments de musique à Rennes (Paris : 1897), 27, Gallica

Archives municipales de Rennes, Quand le commerce se raconte,