1 Jour 1 Poilu : indexation terminée, défi relevé !

À l’impossible, nul n’est tenu. Pourtant, les participants au défi d’indexation “1 Jour 1 Poilu” ont relevé le défi. Ils ont rendu possible ce que beaucoup pensait impossible.

Le 17 novembre 2013, un acte de naissance un peu particulier nous parvenait. Jean-Michel Gilot, l’heureux papa, nous annonçait la naissance de “1 Jour 1 Poilu“. Nous étions loin de penser que ce serait un modèle en matière d’indexation collaborative.

La genèse du projet

Dans le numéro 220 de la Revue française de généalogie, Jean-Michel Gilot expliquait comment lui était venue cette idée folle, indexer les fiches des morts pour la France. ” À raison d’une fiche indexée par jour, j’ai calculé que si nous étions 780 à nous y mettre, l’ensemble des 1 325 290 fiches seraient transcrites pour le centenaire du 11 novembre 1918.

Jean-Michel a mis en place une équipe transdisciplinaire, qui a soutenu le projet dès le début : Michaël Bourlet, Chef du département histoire et géographie aux Écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan ; Erwan Le Gall, directeur du cabinet d’ingénierie mémorielle et culturelle En Envor ; Sophie Boudarel, généalogiste professionnelle ; Sandrine Heiser, adjointe scientifique auprès du délégué aux Commémorations nationales, Ministère de la Culture et de la Communication, Archives de France (SIAF) ; Stéphanie Trouillard, Journaliste Internet France24.com, spécialisée en Histoire de la Première et Seconde Guerre mondiale, ainsi que trois partenaires : La Revue Française de Généalogie (Charles Hervis), La Gazette des Ancêtres (Sophie Boudarel) et En Envor (1).

Ce défi fou, qui semblait impossible à certains, a su s’imposer sur les réseaux sociaux. Une dynamique autour de minis défis comme 1 Jour 1 Poilu sur la route du Tour de France, ou l’indexation des 30 000 Poilus disparus s’est mise en place et les premiers résultats sont apparus.

Les projets autour de l’indexation

Très vite, de nombreux généalogistes, mais aussi chercheurs, ont vu l’intérêt que pouvait revêtir ce défi d’indexation collaborative. Je pense à Paddy qui a fait un travail remarquable de recherches et de persévérance pour indexer les fiches des soldats africains. Brigitte, dont le blog Chroniques d’Antan n’est plus à présenter, s’est lancée dans la création de fiches biographiques pour les Poilus de Vouillé. Sans oublier l’ami Fred qui s’était lancé le défi de rendre hommage aux Poilus de la Vienne. Je ne cite ici que trois blogs. Je sais qu’ils sont plus nombreux, et tous de qualité.

Le projet a été présenté à l’occasion des premières Rencontres du Web 1418, organisées par la Mission Centenaire. L’intérêt d’un tel défi pour les chercheurs fut mis en avant. Il s’agit d’un effet gagnant-gagnant. Les chercheurs bénéficient pour leurs travaux d’une importante base de données indexée par le grand public. En retour, ce grand public, qu’il soit généalogiste, passionné d’histoire ou simplement curieux, bénéficiera d’une analyse nouvelle et fine sur la Première Guerre mondiale.

 

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L’après 1 Jour 1 Poilu

17 novembre 2013 – 30 avril 2018. 5 966 abonnés sur Twitter, près de 29 000 tweets. Jean-Michel Gilot a gagné son pari. Il a su mobiliser une communauté derrière lui, qui n’a compté ni son temps ni son énergie pour indexer les fiches des soldats morts ou non morts pour la France.

Et maintenant, que vais-je faire ? Pourrait chanter l’indexeur. Maintenant, il y a le temps de la correction et de l’exploitation.

Bien souvent, après un tel défi, on se sent en manque. Parfois, on peut se demander si cela sert à quelque chose. Pour commencer, les fiches indexées sont moissonnées par le Grand Mémorial. Grâce à l’indexation, le grand public peut ainsi retrouver facilement un aïeul mort, ou non mort, pour la France.

Ensuite, pour que le défi soit un succès total, les données de la base devront être accessibles à tous. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Bien qu’officiellement, il suffit de faire une demande au site Mémoire des Hommes pour avoir une extraction de données, la réalité est tout autre. Peut-être par manque de temps ? De moyens ?

Pour que le défi 1 Jour 1 Poilu soit une réussite, il nous faut maintenant gérer l’après. Comment ?

  • En permettant aux chercheurs comme au particulier de pouvoir demander une extraction des données indexées.
  • En continuant le partage particulier/chercheur. Les résultats d’exploitation des données indexées ne doivent pas rester dans le milieu des historiens. L’étude des données indexées permettra une compréhension nouvelle ou complémentaire de la Première Guerre mondiale. Ces études intéresseront les généalogistes comme toute personne intéressée par son histoire familiale.
  • En perpétuant l’esprit des Rencontres du Web 1418 où amateurs et professionnels se rencontrent et échangent.

 

En cinq ans, Jean-Michel Gilot a prouvé que l’indexation collaborative ouverte à tous était possible. Nul besoin d’être spécialiste pour participer. Il suffit d’une volonté de bien faire et d’une communauté soudée avec l’envie d’aider pour bien indexer.

 

Enfin, je vous recommande la lecture des deux articles suivants :

  • L’an II du défi 1 Jour 1 Poilu, Erwan Le Gall, http://enenvor.fr/eeo_actu/1j1p/l_an_II_du_defi%20_1_jour_1_poilu.html
  • 1 Jour 1 Poilu, un vaste mémorial numérique pour nos soldats, Stéphanie Trouillard, http://www.france24.com/fr/20180407-jour-poilu-indexation-premiere-guerre-mondiale-internet-morts-france

 

(1) En Envor, 5 questions à un labellisé, http://enenvor.fr/eeo_actu/5_questions_a/5_questions_a_un_labellise.html