#challengeAZ : Z comme Zézette épouse X

Petite histoire du nom d’usage ou pourquoi et depuis quand Zézette doit porter le nom de son époux ? 

 

Tout est parti d’une séance débridée de brain storming pour trouver un dernier sujet pour le challenge.

Z comme …. Zorro ? Non, je n’ai pas de vengeur masqué dans ma généalogie.

Z comme … Zuidcoote ? Non, je ne prévois pas d’y passer un week-end.

Z comme … Zut ? Il y a des chances que ça finisse comme ça….

Et puis Zézette arriva, pas sur Tornado, mais avec son léger défaut de prononciation.

Zézette épouse X !

Pourquoi épouse X ? Pourquoi la femme prend-elle le nom de son mari ?

 

Le nom d’usage

A ne pas confondre avec le nom de famille (celui donné à la naissance), le nom d’usage est le nom d’une personne physique qui fait usage du nom d’un tiers. (1)

S’il est de coutume que la femme prenne le nom de son mari, aucune loi ne l’y oblige.

Ainsi la loi du 6 Fructidor an II stipule que

le nom de tout citoyen français est celui qui lui a été transmis selon les règles propres à chaque filiation et qui résulte de son acte de naissance. C’est à ce nom que doivent être établis les documents d’identité, les actes officiels ainsi que les dossiers administratifs. (2)

Il est donc clairement établi par la loi qu’il s’agit d’un choix et non d’une obligation. Mais qu’en était-il avant le code civil ?

Je n’ai pas trouvé de réponse. Deux hypothèses me viennent à l’esprit :

  • en ces temps religieux, le chef de famille était clairement l’homme. Il me semble en effet difficilement envisageable qu’une femme puisse garder son nom, signe d’indépendance qui devait être réprouvé.
  • comme je l’ai écrit dans l’article sur les noms de famille, le nom sert à distinguer une famille d’une autre, c’est un marqueur d’identité. (3)

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Selon une étude réalisée en 2010, 20% des femmes interrogées ont déclaré que, si elles se mariaient dans l’année, elles ne prendraient pas le nom de leur époux. (4)

 

Garder son nom de famille serait gage de réussite car signe d’indépendance (4). C’est aussi un engagement, une reconnaissance envers sa famille, celle qui vous a transmise ce nom que vous portez depuis votre naissance et qui vous attache à cette communauté.

 

Et la généalogie dans tout cela ?

Aucune incidence, la femme est connue par l’administration sous son nom de famille.

 

(1) Wikipédia, Nom d’usage en France, consulté le 25 avril 2013.

(2) Legifrance, Circulaire du 26 juin 1986 relative au nom d’usage, consulté le 25 avril 2013.

(3) Sophie Boudarel, La Gazette des ancêtres, N comme Noms de famille, publié le 16 avril 2013.

(4) Rue 89, Galère quotidienne : garder son nom de naissance quand on est mariée, publié le 16 octobre 2011, consulté le 25 avril 2013.

A lire :

Psychologies.com, Identité : leur nom de jeune fille, elles y tiennent, publié en janvier 2000, consulté le 25 avril 2013.

Commentaire (11)

  • Anonymous| 3 juillet 2013

    En 1995 année de mon mariage l'administration avait encore du mal à accepter qu'une femme garde son nom de naissance comme nom d'usage : sur la déclaration d'impôts mon nom n'apparaissait pas , assurance : mon mari est indiqué en observation, idem en cas d'hospitalisation.(patronyme différent implique pas de mariage et le lien est indiqué là où le logiciel le permet). les

  • Sophie Boudarel| 6 juin 2013

    @Anonyme : je ne dirais pas le pire. Mais peut-être des recherches non terminées ou poussées à bout 😉

  • Anonymous| 5 juin 2013

    Le pire est l'expression courante des historiens et généalogistes qui disent cette famille s'est éteinte avec demoiselle X alors que la dite demoiselle a des centaines de descendants!

  • Pierre| 22 mai 2013

    Merci Sophie j&#39;ai appris quelque chose en lisant ton article.<br /><br />Il me semble aussi que beaucoup de femme non mariée que je connais ne souhaitent pas changer de nom, les habitudes évoluent doucement.<br /><br />A bientôt,<br />Pierre

  • venarbol| 8 mai 2013

    Je fais moi aussi partie des 20%. Et avec la généalogie italienne j&#39;ai pris l&#39;habitude de voir les femmes garder leur nom toute leur vie. C&#39;est très pratique en généalogie !

  • Jean-Michel Girardot| 30 avril 2013

    Au fait, dommage qu&#39;il n&#39;y ait que 26 lettres ! Bravo et merci pour cette belle idée.

  • Jean-Michel Girardot| 30 avril 2013

    Il y a eu des régions assez nombreuses où, au XVIIe siècle, la femme prenait le nom de son mari mais où ce patronyme était mis au féminin, comme cela se fait dans certains pays de langue slave : comté de Nice, Alsace et même Languedoc.

  • d'aïeux et d'ailleurs| 30 avril 2013

    Je m&#39;interroge depuis pas mal de temps là dessus… mon hypothèse personnelle : une pratique fort répandue dans la bourgeoisie du XIXe siècle, qui a essaimé (comme beaucoup d&#39;autres choses) dans les classes inférieures au long du XIX et XXe siècle…

  • Elodée| 30 avril 2013

    Je fais partie des 20%, et j&#39;ai même poussé le vice à ce que nos enfants portent les deux noms. Tout ça bien sûr pour corser le travail des futurs généalogistes !

  • Fred| 30 avril 2013

    Et on parle rarement des hommes qui prennent le nom de leurs épouses….

  • Gloria Godard| 30 avril 2013

    Je crois que nombre de jeunes gens ignorent les règles des noms de famille. Certaines pensent en se mariant adopter un nom, afin que l&#39;ensemble de la famille porte le même. Or s&#39;il est vrai que c&#39;est un usage c&#39;est surtout une tolérance de l&#39;époux qui peut revenir sur le &quot;privilège&quot; à l&#39;occasion du divorce… C&#39;est alors que certains problèmes surgissent

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