Le déclarant de l’acte peut avoir la réponse

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En généalogie, nos ancêtres nous laissent parfois avec plus de questions qu’avec de réponses. Pour répondre à ces interrogations, nous mettons en place des stratégies, mais nous négligeons parfois des éléments importants. Le déclarant d’un acte est l’un d’eux.

Je plaide coupable. Si le déclarant de l’acte n’est pas un membre de la famille, ou si je ne le connais pas, je ne l’intègre pas dans mon logiciel de généalogie. Toutefois, ce n’est pas bien grave. Toutefois, ce n’est pas parce que je le laisse de côté, que je l’oublie. En cas d’épine, je reprends tous les actes et étudie tous les protagonistes, du plus proche au plus éloigné.

Le cas des actes de décès

En dehors des registres paroissiaux ou le prêtre pouvait indiquer la mort, si celle-ci sortait de l’ordinaire (mort subite, accident, etc.), en France, les actes de décès ne précisent pas la cause de la mort.

Pour savoir si votre ancêtre est mort naturellement ou non, vous regarderez l’adresse du décès, était-ce un hospice/hôpital ? Vous éplucherez également la presse ancienne à la recherche d’une mention d’un tragique évènement le concernant.

Malgré cela, il peut y avoir des cas déconcertants.

Quand le décès a lieu à des centaines de kilomètres du lieu de résidence

Un client m’a demandé de l’aide pour une de ses ancêtres, Anne Marie B. Bien qu’habitant à Paris, il a retrouvé son acte de décès dans les Côte-d’Armor. Sa question : pourquoi est-elle allée mourir à 500 kilomètres de son domicile et de ses enfants ?

En appliquant ma méthode citée plus haut, j’ai commencé à m’intéresser à ses enfants. Selon mon client, aucun d’entre eux n’habitaient dans la commune de Bégard. Il devait toutefois vérifier pour un de ses fils. Il n’avait pas d’informations non plus pour ses frères et sœurs.

Si votre ancêtre décède loin de son domicile, il est possible que cela se soit produit alors qu’il visitait un membre de sa famille.

Toutefois, Anne Marie, était brodeuse, une profession chichement payée. Un tel voyage aurait sûrement grevé son maigre pécule.

En attendant plus d’informations de la part de mon client sur la famille proche de son ancêtre, j’ai étudié l’acte de décès de plus près.

Décédée en 1883, elle n’apparaît pas sur les recensements de 1881. Néanmoins, le déclarant cité dans l’acte est dit être son voisin. Elle a pu arriver entre 1881 et 1883 dans la ville, mais pour quelle raison ?

À priori, rien ne lie cette femme au déclarant.

Le déclarant a la réponse

J’étudie les recensements de 1881 à 1906, sur la piste du déclarant. Ses voisins ne semblent pas être membres de la famille d’Anne Marie. Il me faut aller jusqu’au recensement de 1906 pour trouver la mention de l’employeur du déclarant : “Communauté du Bon Sauveur”.

En 1857, les religieuses du Bon Sauveur de Caen deviennent propriétaires de l’abbaye de Bégard. Elles y créent une école et un orphelinat. Un an plus tard, un asile privé de femmes aliénées est ouvert.

Comment Anne Marie a pu se retrouver dans un asile privé ? La réponse se trouve dans Gallica. Le Rapport du directeur de l’Assistance publique à M. le préfet de la Seine sur le Service des aliénés du département nous apprend que l’asile de Bégard fait aussi office d’asile public, où sont envoyés des aliénés du département de la Seine.

Nous pourrons affirmer qu’Anne Marie est décédée à l’asile de Bégard quand nous aurons vérifié les archives de l’asile, si elles sont encore accessibles.

Toutefois, c’est en étudiant le parcours du déclarant cité dans l’acte, que nous avons pu répondre à la question : “Pourquoi est-elle décédée si loin de son domicile ?”.

En généalogie, ne négligez aucun indice !

Commentaire (3)

  • Les Chauchard au XIXe siècle | Une famille, ses histoires| 2 février 2020

    […] le lieu de décès d’Adélaide Chauchard en Ille et Vilaine après avoir lu un article sur les déclarants de Gazette des ancêtres. Pourquoi donc une belfortaine est-elle allée en Ille et Vilaine au […]

  • Sébastien | Marques Ordinaires| 29 janvier 2020

    Je me suis mordu les doigts de ne pas avoir noté les déclarants plus tôt car il m’est arrivé de le dire “Mais ce nom me dit quelque chose!”. Aujourd’hui, je le note systématiquement, même si ça alourdi mon fichier généalogique.
    J’ai un cas où le déclarant est un agent de police. Cela pose question car il pourrait bien s’agir d’une mort non naturelle (suicide, meurtre ?)… pourtant je n’ai pas réussi à trouver l’explication.

  • LE GOFF Marielle| 24 janvier 2020

    «  Être envoyé à Bégard ! » c’est une expression que j’ai entendu souvent vu que je suis du coin . Moi aussi j’allais à Bégard ……mais au bal le samedi soir, on s’éclatait sur la piste de dance sur de la bonne musique …..celle des années 80 . L’établissement Psy existe toujours .

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