Soldats Saisdubreil

challengeAZ, Saisdubreil, Ille-et-Vilaine, 1418, 1GM

À l’occasion du challengeAZ, je vous emmène, grâce aux archives, sur les traces de mes ancêtres Saisdubreil, originaires de La Bouëxière en Ille-et-Vilaine. S comme Soldats..

Soldat. Celui qui sert dans une armée. Il se dit particulièrement de Celui qui n’a point de grade. [Dictionnaire de l’Académie française, 8th Edition (1932-5)]

À l’occasion du 11 novembre, je me suis penchée sur les Saisdubreil de La Bouëxière susceptibles d’avoir participé à la Première Guerre mondiale. J’ai croisé les informations entre ma base généalogique et l’option de Geneanet Participants à la Grande Guerre, puis le Grand Memorial.

Soldats père et fils

Léon Saisdubreil naît en 1868. Entre 1889 et 1892 il effectue son service militaire dans le 24e régiment de Dragons. Il en ressortira avec le grade de brigadier et son certificat de bonne conduite. Père d’un fils déjà mobilisé, il n’est pas rappelé en août 1914. Toutefois, il sera à Liffré du 3 au 5 août 1914 pour prendre part à la réquisition n°47. Il s’agit peut-être de la réquisition de ses chevaux (merci à Erwann Le Gall pour m’avoir mise sur la piste). Léon décède le 5 novembre 1917. Il avait 49 ans.

Dinan, Quartier du 24e régiment de Dragons

Georges Saisdubreil naît le 28 avril 1896. Son parcours militaire est bien différent de celui de son père, Léon. Clerc de notaire, il s’engage en 1914 à la mairie de Rennes pour une période de quatre ans. Il n’a que 17 ans. Il est incorporé au 50e régiment d’infanterie, comme soldat de 2e classe. Il sera ensuite affecté au 59e puis au 16e régiment d’artillerie avec le grade de brigadier.

Le 3 mars 1917, le brigadier Saisdubreil est cassé de son grade, condamné à deux ans de prison et 500 francs d’amende avec sursis. Son crime ? Faux dans les comptes de comptabilité et vols militaires.

Étant condamné avec sursis, le soldat Saisdubreil retourne sur le front avec le 47e puis le 178e régiment d’artillerie. En juin 1918, il est évacué après une attaque aux gaz asphyxiants. Il est soigné à l’hôpital Sainte-Marie et l’ambulance 12/2 à Meaux. Après une période de convalescence, il rejoint le front en juillet, avant d’être de nouveau évacué en janvier 1919 à Sézanne (Marne) pour un phlegmon à la joue gauche et une bronchite. Il retournera au dépôt le 25 mars 1919 avant d’être démobilisé en septembre.

Le 28 décembre 1925, la commission spéciale de réforme de Rennes confirme sa pension à 100%. Son état général est très mauvais, avec la présence de bacilles de Koch, des gargouillements, un souffle amphorique.

Georges décède six mois plus tard, le 25 juin 1926, probablement suite aux effets des gaz asphyxiants inhalés en 1918. Il avait 30 ans.

Périgueux, 50e régiment d’infanterie

Le soldat pépère qui n’en était pas un.

Jean Saisdubreil naît le 4 janvier 1872. Il effectue son service militaire entre 1892 et 1894 au 10e escadron du train. Comme son cousin Léon Saisdubreil, il participe à la réquisition de Liffré. Le 19 janvier 1915, il est rappelé et rejoint le 10e escadron du train. Il laisse à La Bouëxière sa femme Françoise et leur quatre enfants, dont la petite Marie âgée de 21 jours. Âgé de 43 ans, il aurait pu faire partie des Territoriaux, surnommés les Pépères. L’Armée choisit de l’affecter ailleurs. En 1916, Jean rejoint le 6e régiment du Génie puis le 5e en 1918. Il est libéré de toute obligation le 17 décembre 1918 et rejoint son foyer à La Bouëxière. Il décèdera en 1945 à l’âge de 73 ans.

La fiche matricule de Jean Saisdubreil comporte une petite particularité. Il est écrit qu’il est amputé de la main et avant-bras droit. Étonnant pour un Poilu…

Le soldat sans main

Léon Saisdubreil naît en 1872 à La Bouëxière. Fils naturel de Marie Saisdubreil, il est déclaré par Joseph Saisdubreil, tous deux âgés de 30 ans.

Léon Saisdubreil effectue son service militaire entre 1893 et 1896 dans le 70e régiment d’infanterie. Il quitte ensuite la Bretagne pour la Mayenne, à Ernée plus exactement. Il épouse en 1903 Philomène Bouvier. Est-ce son métier de chaussonnier (fabricant spécialiste de chaussons de danse) qui mène au drame ? Le 4 septembre 1908, il est réformé suite à amputation de la main droite et l’avant-bras droit.

Léon Saisdubreil décède à Ernée le 17 septembre 1909. Il avait 37 ans.


Commentaire (1)

  • Deaucourt| 22 novembre 2018

    toujours très instructif -et souvent émouvant- de suivre ces parcours de poilus que la grande commémoration a permis de ressusciter de partout

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