Testament

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À l’occasion du challengeAZ, je vous emmène, grâce aux actes notariés, sur les traces de mes ancêtres Saisdubreil, originaires de La Bouëxière en Ille-et-Vilaine. T comme Testament…

Testament. Acte authentique par lequel on déclare ses dernières volontés. [Dictionnaire de l’Académie française, 6th Edition (1835)]

Le 2 mars 1857, Jean Marie Saisdubreil est au plus mal. Il fait mander Pierre Marie Jahier, percepteur des contributions du canton de Liffré, François Duval, agent voyer, Paul Ferron, tourneur et Gilles Roullier, maître boulanger.

En parallèle, les époux Hervian, chez qui Jean Marie Saisdubreil demeure, demandent à François Marie Lemoine, notaire à La Bouëxière, de se rendre toute affaire cessante en leur demeure, située à Liffré.

C’est d’une voix affaiblie que Jean Marie dicte son testament :

Voulant faire la distribution de mes biens entre mes héritiers, je lègue à Pierre Douard, mon neveu, propriétaire cultivateur, demeurant à La Ribertière, commune de La Bouëxière, et en cas de prédécès, à ses enfants, pour lui tenir lieu de tous ses droits dans ma succession, une pièce de terre labourable, dite Le Champ châtain, contenant environ quarante cinq ares, située près La Ribertière en La Bouëxière et dont mon dit neveu jouit comme fermier, pour par lui enferre jouir et disposer en véritable propriétaire après ma mort.
Je lègue à Perrine Saisdubreil, ma sœur germaine, femme de Charles Croizé, propriétaire cultivateur, demeurant à La Brosse en La Bouëxière, le restant de tous les immeubles que je posséderais à mon décès, y compris mon pré dont jouit mon neveu Douard au sus dit lieu de La Ribertière et tous mes biens meubles de quelque nature qu’ils [pussent] être à mon décès, pour aussi ma dite sœur en faire, jouir et disposer en véritable propriétaire.
Je charge mes deux légataires de payer par moitié mes frais funéraires ou d’enterrement que je ne désire par s’élever à plus de trente ou trente et quelques francs. Ma dite sœur paiera un autre [seule] les droits de six trentaine de messes qui seront célébrées par le clergé de La Bouëxière à mon intention, à celle de mes père et mère, de mes frères et sœurs et autres chers parents défunts, une trentaine auront lieu un par an dans les six premières années qui suivront mon décès.

Geoportail

Testament et généalogie

Jean Marie et Perrine Saisdubreil sont les deux seuls enfants survivants de Julien Saisdubreil.

Julien Saisdubreil aura 8 enfants. En 1781, il épouse Marie Adam. Le couple a deux enfants. Marie décède deux ans plus tard. En 1786, Julien se remarie avec Perrine Gaillard. Le couple aura six enfants, dont trois décédés en bas âge. Sur les trois enfants restants, Pierre François, Jean Marie et Perrine, seul Pierre François demeure un mystère pour l’instant. La seule chose que je sache, est qu’il est décédé avant 1857 (ou Jean Marie ne souhaite pas lui léguer ses biens).

Quant à Pierre Douard, que Jean Marie Saisdubreil indique être son neveu, il est le fils de Marguerite Saisdubreil, la demie-sœur de Jean Marie, née du mariage de Julien Saisdubreil avec Marie Adam.

Il semble donc que les seuls membres survivants de cette branche familiale soient Jean Marie, Perrine et leur neveu Pierre.

Testament et fin imminente ?

Tous dans les conditions du testament, nous font penser à une fin prochaine. Jean Marie Saisdubreil se trouve à Liffré, et fait mander son notaire, dont l’office est dans la commune où lui-même demeure, à La Bouëxière, à 7 kilomètres de distance. Sa signature tremblante nous laisse imaginer un homme malade.

Signature de Jean Marie Saisdubreil, 2 mars 1857

Était-ce la grippe ? Un accès de froid ou de faiblesse ? Quoiqu’il en soit, si l’alerte fut suffisamment sérieuse pour inquiéter Jean Marie et lui faire rédiger ses dernières volontés, il en faut plus pour abattre un breton.

Jean Marie Saisdubreil s’éteindra, chez lui, à La Bouëxière, douze ans plus tard. Il avait 75 ans.

Quant à l’ensemble de biens de Jean Marie, et bien il me faut trouver sa succession. L’enquête continue…


Commentaire (1)

  • Sebastien | Marques Ordinaires| 23 novembre 2018

    Ce que je trouve le plus émouvant ce sont les signatures tremblantes. J’ai quelques testaments du 19è siècles où l’on voit bien que la fin est proche, alors que d’ordinaire, la signature était écrite sans hésitation et rature.

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