Cauchemar de généalogiste : le registre disparu

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Durant tout l’été, je vais vous plonger dans vos pires cauchemars de généalogistes. La généalogie n’est pas un long fleuve tranquille. Ils sont là, ils attendent patiemment le moment opportun pour surgir. Ils ont le pouvoir de ralentir vos recherches ou de tout arrêter. Heureusement, avec de la patience et de la pratique, il est possible de dompter ces cauchemars monstrueux.

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Deuxième cauchemar monstrueux : le registre disparu

Vous débutez dans la généalogie et vous êtes heureux d’avoir des générations d’ancêtres sur le sol français. Vous remerciez les Révolutionnaires d’avoir rendu les archives gratuites et accessibles à tous, et Napoléon de les avoir organisées. Bref, vous êtes prêt à remonter le plus loin possible, sauf que… LE registre que vous voulez consulter, celui où se trouvent quatre générations d’ancêtres a disparu.

Il y a disparition et disparition..

 

La vraie disparition

Malgré toutes les précautions qui peuvent être prises, des archives peuvent disparaître. Certains départements sont plus touchés que d’autres, car ils ont vu leurs archives détruites par faits de guerre. S’il y a eu des essais de reconstitution de l’état-civil comme à Saint-Lô dans la Manche ou à Paris suite à l’incendie de la Commune, les reconstitutions sont bien souvent parcellaires.
Certains registres ou documents d’archives ont aussi disparu suite à des indélicatesses. « Empruntés » par un lecteur peu scrupuleux, voire volés pour être revendus. À moins d’être repérés lors d’une vente ou dépassant d’une beine à ordures, ces registres sont irrémédiablement perdus. Toutes les archives sont concernées, des Archives nationales à celles de votre commune. Lorsque j’ai voulu travailler sur l’histoire de ma commune pendant et après la Première Guerre mondiale, je ne pus que constater le manque de documents originaux en dehors de l’état-civil et des registres de délibérations communales. J’appris plus tard, que les archives étaient conservées dans le grenier de la mairie, devenue aujourd’hui une école. À l’occasion du changement d’affectation, un édile est parti avec les documents. Où sont-ils maintenant ?

 

L’autre disparition

S’il y a des documents que vous ne reverrez plus, d’autres ont plus de chances de refaire surface. En parlant de grenier… Il y a ces mairies qui vous répondent que le document que vous souhaitez consulter est dans le grenier/cave de la mairie/école. Soit vous avez la chance d’y accéder, soit il vous faudra patienter jusqu’à ce tout cela soit archivé. Et puis, il y a le document mal classé qui, avec de la chance, sera retrouvé dans le carton à côté. Il y a aussi le document pas classé du tout. Dans le cadre d’une recherche pour un client, j’ai eu à faire une recherche dans une mairie en Côte d’Or. Point d’archives au grenier ou à la cave. Toute la mémoire de la commune était dans un magnifique meuble en bois, aux dimensions de la salle de réunion où il était. Si quelques archives étaient bien classées, les plus récentes, il n’en était pas de même pour les plus anciennes. Il m’a fallu ouvrir beaucoup de dossiers pour trouver ce que je cherchais, même une pochette sur laquelle était écrit « Pas intéressant, à jeter ». Cette pochette contenait une lettre sur vélin de vignerons d’une commune voisine se plaignant au maire des pratiques des vignerons de sa commune. Un document très intéressant pour l’histoire vinicole de la région !
Si vous menez vos recherches en ligne, vous pouvez également constater des manques, soit de registres (une période qui saute), soit de pages. Dans ce cas, il peut s’agir d’un oubli de numérisation. Contactez le service d’Archives et signalez-leur.

 

Registre disparu, généalogie foutue ?

Tout n’est peut-être pas perdu. Les registres d’état-civil ont été rédigés en deux exemplaires. Vous pouvez trouver en ligne l’original, dit « Commune », la copie, dite « Greffe », voire les deux. Malheureusement, il arrive que les deux exemplaires aient été détruits. Il existe d’autres pistes pour ne pas sombrer dans ce cauchemar du registre disparu.
Par exemple, pour rechercher une date de décès, vous pouvez vous reporter sur les tables de succession et absence en sous-série 3Q. Vous y découvrirez les nom, prénom, date et lieu de décès, nom du conjoint et s’il y a eu un testament ou une succession. Si la succession a été réglée par un notaire, il est possible d’y trouver une copie de l’acte de décès.
Après la Révolution, si l’état-civil a disparu, vous pouvez consulter les registres de catholicité ou post-concordataires. Le Concordat (acte qui organise les rapports entre l’État et les cultes) fut signé le 15 juillet 1801 entre Bonaparte et le Pape Pie VII. Lors d’un baptême, d’un mariage ou d’une sépulture, célébrés à l’église, l’acte est enregistré sur un registre en double exemplaire. L’un est conservé dans la paroisse et l’autre est envoyé à l’évêché. Certains diocèses ont déposé ces fonds aux archives départementales où ils peuvent être consultés.
Lorsqu’il n’existe qu’un exemplaire du document, votre recherche peut tourner court. Toutefois, pensez à interroger les archivistes. Ils sauront, le cas échéant, vous orientez sur une autre piste.

 

Vous avez d’autres astuces pour continuer vos recherches malgré la disparition du registre ? Partagez-les dans les commentaires !

Commentaire (6)

  • Cauchemar de généalogiste : la perte des données ~ La Gazette des Ancêtres| 28 août 2018

    […] la naissance approximative ; après avoir réussi à lire le nom illisible ou retrouvé le registre disparu, vous avancez dans vos recherches et votre généalogie grandit à vue d’œil, jusqu’à […]

  • Cauchemar de généalogiste : la disparition. ~ La Gazette des Ancêtres| 28 juillet 2018

    […] semaine dernière, je vous ai déjà parlé de disparition. Il s’agissait de palier aux registres disparus. Pourquoi parler de nouveau de disparition ? Parce qu’il n’y a pas que les registres […]

  • Fred| 22 juillet 2018

    Il y a aussi les archives judiciaires, série B. Parfois, en consultant EC, BMS, notaires et série B, et en recoupant, cela a permis de débloquer aussi bien des situations pour quelques-uns de mes clients aussi. Il n’y a pas que ça bien entendu. Mais les procès, surtout pour des histoires de familles, étaient relativement nombreux, et nos ancêtres heureusement très procéduriers.

  • laventuregenealogique| 19 juillet 2018

    Pensons également aux Hypothèques, si vos ancêtres avaient la chance de posséder un bien, ils auront une case avec date de naissance, situation matrimoniale, la date de décès s’ils n’ont pas bougé et pourquoi pas la date et le numéro d’une succession
    Nadège B

  • delphine| 19 juillet 2018

    les archives des notaires m’ont bien souvent aidé à combler des lacunes de l’état civil, actes notariés qui donnent la plupart du temps des filiations.
    Autre astuce, si l’état civil ou les registres paroissiaux manquent sur une commune, penser à regarder sur les communes alentours si les noms de nos ancêtres ne s’y trouvent pas lors d’un mariage, comme témoin d’une naissance etc, c’est long et fastidieux, mais ça peut être payant !

  • Boudaud| 19 juillet 2018

    Bonjour,
    Une piste d’archiviste qui ne vaut que pour les XIXe et début du XXe siècles : les archives des justices de paix.
    On y trouve des délibérations des conseils de famille après le décès de l’un ou l’autre parent quand les enfants sont mineurs. Il y adonc des informations sur la parentèle qui constitue le conseil.
    On trouve aussi des actes de notoriété qui remplacent un acte d’état civil manquant, disparu ou inaccessible (pays ou zone d’origine en guerre par exemple). On peut y trouver aussi des actes d’émancipation.
    S’agissant d’archives judiciaires, attention aux délais de communication : 100 ans pour les conseils de famille, 75 ans pour le reste.

    Sylvie B.

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