Cauchemar de généalogiste : la disparition.

Durant tout l’été, je vais vous plonger dans vos pires cauchemars de généalogistes. La généalogie n’est pas un long fleuve tranquille. Ils sont là, ils attendent patiemment le moment opportun pour surgir. Ils ont le pouvoir de ralentir vos recherches ou de tout arrêter. Heureusement, avec de la patience et de la pratique, il est possible de dompter ces cauchemars monstrueux.

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Troisième cauchemar monstrueux : la disparition.

La semaine dernière, je vous ai déjà parlé de disparition. Il s’agissait de palier aux registres disparus. Pourquoi parler de nouveau de disparition ? Parce qu’il n’y a pas que les registres qui s’évaporent dans la nature, il y a aussi les personnes. Vous suivez une personne tout au long de sa vie, et puis tout d’un coup, hocus pocus, il n’y a plus personne. Comme pour les registres, dites-vous que tout n’est peut-être pas perdu.

 

Organisez-vous

À moins que vous ne préfériez indiquer, comme sur certains logiciels de généalogie anglo-saxons que votre ancêtre a été enlevé par les extra-terrestres, lorsqu’une personne disparaît subitement de votre radar généalogique, commencez par vous organiser.

Reprenez toutes les informations en votre possession et établissez une ligne de vie. La ligne de vie vous indiquera s’il y a des incohérences de temps, de lieux ou de personnes. La disparition vient peut-être d’une erreur de votre part, erreur vous ayant emmené sur une mauvaise piste. Recherchez aussi les “trous temporels”. Un trou de dix ans entre deux naissances apportera peut-être la solution. Manque-t-il un enfant ? Son mariage vous donnera une information supplémentaire sur votre ancêtre. Y a-t-il un trou de dix ans, car votre ancêtre s’est trouvé éloigné pour diverses raisons ? Recherchez les causes.

L’enquête que vous allez mener pour résoudre le mystère de la disparition pourra être longue. Veillez à tenir un journal de recherches.

Enfin, établissez un plan de recherches. Que faut-il rechercher ? Où le rechercher ?

 

Vos pistes de recherche

Si l’étude des documents n’a rien donné, tournez-vous vers les bases de données en ligne (commerciales ou associatives). Vous trouvez une réponse ? Vérifiez par vous-même. Allez chercher l’acte. Assurez-vous qu’il s’agisse de la bonne personne. Les bases de données ne vous ont pas aidé ? Étudiez le FAN club de votre ancêtre. FAN est un acronyme anglais pour Family (famille) Associates (associés) Neighbors (voisins) (1). La famille est votre second meilleur ami (après avoir vérifié qu’il n’y a pas eu d’erreur de saisie ou de lecture).

Commencez par les enfants, leur(s) mariage(s), les fiches matricules pour les hommes. Tous ces documents contiennent des informations sur les parents – décédés ou non, domicile -. Pistez les enfants jusqu’à leur installation et étudiez les recensements. Votre ancêtre disparu est peut-être allé vivre chez un de ses enfants, fille ou garçon.

Si la piste des enfants ne donne rien, recherchez du côté de la belle-famille. Votre ancêtre a peut-être repris la ferme ou l’entreprise familiale qui se situe dans un autre département.

Enfin, pensez à vérifier tous les membres de la famille, les enfants, mais aussi les frères et sœurs. Votre ancêtre est peut-être décédé pendant une visite familiale. Tiré par les cheveux, pensez-vous ? Il suffit d’une fois, croyez-moi 😉

Dans les villages, la notion d’associés et de voisins est souvent liée.

Les témoins sur les actes de votre ancêtre, ont-ils un lien avec lui ? Qu’en est-il des voisins ? Et votre ancêtre, de quelle famille était-il proche ? Le trouvez-vous comme témoin ? Ne négligez aucune piste.

 

Si le FAN club n’a rien donné, reportez vous sur les tables des successions et absences. Si votre ancêtre est décédé dans un hospice ou, comme nous l’avons vu, à l’occasion d’un déplacement, vous y retrouverez la date et le lieu du décès. Ceci est valable pour le 19 siècle.

 

La presse ancienne peut être d’une grande utilité également. Qu’il s’agisse de la presse en ligne sur Gallica ou sur les sites internet des Archives départementales, c’est en écumant la presse des faits divers ainsi que les annonces nécrologiques que vous pourrez, peut-être, résoudre le mystère de la disparition.

 

Si vous avez un blog de généalogie, publiez un billet sur le sujet. Un de vos lecteurs, aujourd’hui, demain ou dans un an, vous apportera peut-être la réponse.

 

La disparition n’est pas inéluctable ?

Après avoir lu tous ces conseils, vous êtes regonflé à bloc et partez plein d’espoirs retrouver votre ancêtre. Malheureusement, il est possible que vous n’ayez jamais la réponse.

François Bertrand a quitté Mirecourt et sa famille. Les actes l’attestent. Où est-il décédé ? Je ne sais pas. Peut-être fait-il parti de ces inconnus dont nous lisons les actes de sépulture/décès dans les registres. Trouvés sur le bord d’une route, repêchés dans une rivière, parmi ces inconnus, il est possible que se trouve mon ancêtre, votre ancêtre.

 

 

(1) Lisa Louise Cooks, The genealogy fan club overcomes genealogy brick wall, https://lisalouisecooke.com/2016/10/29/genealogy-fan-club/