Cauchemar de généalogiste : l’homonymie

Durant tout l’été, je vais vous plonger dans vos pires cauchemars de généalogistes. La généalogie n’est pas un long fleuve tranquille. Ils sont là, ils attendent patiemment le moment opportun pour surgir. Ils ont le pouvoir de ralentir vos recherches ou de tout arrêter. Heureusement, avec de la patience et de la pratique, il est possible de dompter ces cauchemars monstrueux.

 

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©Dreamworks

 

Premier cauchemar monstrueux : l’homonymie

Quel bonheur d’avoir des ancêtres qui portent un nom rare ! Les chances de se tromper de personne, si elles ne sont pas nulles, sont tout de même réduite à une portion congrue. Et puis si vous vous trompez de personne, avec un peu de chance, vous savez que cela reste dans la famille.

J’ai une famille dans ce cas dans ma généalogie. Je sais que le nom est très rare, je connais le berceau d’origine du nom, qui est le village dont ces ancêtres sont originaires, logique me direz-vous. Seulement, dans ce même village, il a des noms de famille bien plus courant.

Et quand Pierre Goupil, fils de Pierre, épouse une Marie Poirier, fille de Pierre et de Marie, c’est une toute autre histoire. Comment savoir que je recherche la bonne branche ? Comment ne pas réaliser au bout de la troisième génération que je me suis trompée ?

Lorsque j’ai commencé la généalogie, les Archives en ligne n’étaient qu’un rêve inaccessible. Comme tout le monde, j’envoyais mes demandes par écrit aux mairies. Concernant mes Pierre Goupil, il m’arrivait de demander une naissance en n’ayant que le mois et l’année. La secrétaire de mairie de l’époque, que je remercie encore aujourd’hui, m’envoyait alors jusqu’à cinq actes de naissance pour le même mois pour un Pierre Goupil, fils de Pierre.

 

Comment savoir qui est qui ?

Le prénom

Dans le cas d’homonymie, je recherche toujours la particularité. ” Paradoxal ” me dites-vous ? Pas tant que ça. Prenons l’exemple de Pierre Goupil. Je vais m’intéresser aux parents, afin d’être sûre qu’il s’agisse du bon couple d’ancêtres. Pierre, le père de Pierre, a-t-il un deuxième prénom inhabituel ? Je fais de même pour la mère. Si j’ai une correspondance sur cette particularité, je sais que je suis sur la bonne piste.

Attention toutefois ! Cela nécessite de bien connaître le village et la fréquence des prénoms pour cette période. Ce que vous pouvez trouver original comme prénom, ne l’est peut-être pas pour cette région, ce village, sur cette période précise. Pensez à consulter les autres actes afin de vérifier si vous rencontrez régulièrement ce prénom.

La profession

Autre élément qui vient s’ajouter à la vérification, ou qui sera votre premier point de repère s’il n’y a pas de particularité sur le prénom, la profession. Dans un village où les hommes sont majoritairement laboureurs, si votre ancêtre est maréchal ferrant, cela constituera votre point de repère afin d’éviter les homonymies. Là encore, pensez à consulter d’autres actes, afin de vous assurer qu’il n’y a pas une confrérie de maréchaux-ferrants portant tous le même nom…

Le domicile

Pas de prénom ni de profession particulières ? Habitent-ils dans un hameau du village ? En cas de doute, le domicile peut vous aider à départager deux homonymes. Toutefois, il est assez courant que différents membres d’une même famille vivent dans le même hameau. Là encore, vous serez toujours dans l’incertitude.

La dernière chance

Dernière chance, la signature. De la signature la plus élaborée à la plus hésitante, elles restent un bon indice pour départager des homonymes. Si les prénoms, les professions et les domiciles peuvent être identiques, les signatures sont uniques. Le père signe ? Reprenez tous les actes où il a pu signer, son acte de mariage, la déclaration de naissance d’autres enfants, en tant que témoin, et comparez.

Cette dernière chance ne vaut que pour la période post révolutionnaire. Dans le cadre des registres de baptême, à moins que le prêtre ne précise si le père signe ou pas, et s’il le fait signer, vous vous retrouvez alors sans moyen de vérifier si vous ne partez pas sur un homonyme.

 

Sans particularité point de salut ?

La bonne nouvelle est qu’il existe toujours une méthode pour venir à bout de ce cauchemar que peut-être l’homonymie. La moins bonne, est qu’elle demande de la patience et de la persévérance. Mais cela en vaut la peine. Mieux vaut passer du temps à vérifier qui est qui, que de partir sur une fausse piste et de devoir recommencer de zéro après un an de recherche.

Il arrive souvent que mes Pierre Goupil n’aient pas de particularité. Je procède alors à un relevé systématique des naissances. Pour chaque couple, je recense les naissances. Je compare :

  • les dates de naissance, afin de m’assurer qu’il n’y a pas trois mois entre la naissance de Pierre et de son cadet  ou de son aîné.
  • Les témoins. Bien souvent, ce sont les mêmes, mais il arrive que pour une naissance, la mention d’un lien de parenté soit fait.
  • Je compare les professions, les domiciles. Si mon Pierre semble changer continuellement de profession ou de domicile, c’est que je dois suivre deux personnes et non une.

Je fais cela sur soit une feuille A4, ou je mets les couples côte à côte, soit je consacre une feuille par famille. Je note les informations de naissance, de profession, de domicile, le registre et numéro de la vue pour y revenir rapidement.

Non seulement, cette méthode m’a évité jusque-là de partir sur une fausse piste, mais aussi, elle m’a permis de reconstituer des fratries sur deux voire trois générations.

 

Vous avez d’autres astuces pour vérifier les cas d’homonymie ? Partagez les dans les commentaires !