Les Saisdubreil dans la Presse : le denier des expulsés.

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La presse est une source incontournable en généalogie. Que ce soit un entrefilet, une annonce ou tout un article, il est possible d’obtenir des informations importantes sur nos ancêtres.

Le 16 mars 1879, deux projets de loi sur l’enseignement s’attaquent aux congrégations religieuses non autorisées. L’article 7 du projet de loi relatif à la liberté de l’enseignement supérieur stipule :

Nul n ‘est admis à diriger un établissement d’enseignement public ou privé, de quelque ordre qu’il soit, ni à donner l’enseignement s’il appartient à une congrégation non autorisée.

Cet article est voté par 333 voix contre 164. 21 députés bretons ont voté contre et 13 seulement se retrouvent dans la majorité, dont 6 députés d’Ille-et-Vilaine.

Dans un rapport, publié le 30 mars 1880 au Journal Officiel, il est précisé que parmi les congrégations concernées, une en particulier ne pouvait demander d’autorisation. Il s’agit de la Société de Jésus. Le décret rendu contre les Jésuites s’appuie notamment sur le décret du 22 juin 1804, qui prononce la dissolution immédiate de toutes autres associations ou congrégations formées sous prétexte de religion et non autorisées.

En Bretagne, les congrégation refusent de se mettre en règles et les Jésuites sont expulsés par la force en juin 1880.

Jules Ferry
Recueil des célébrités du XIXe siècle – XI – 1860-1880 – Gallic

Le denier des expulsés

Afin de venir en aide aux congrégations expulsées, le journal L’Univers met rapidement en place une souscription, appelée le Denier des expulsés. Dès le mois de décembre, le montant des donations s’élèvent à plus de 40000 francs

Le 21 décembre 1880, le journal publie une deuxième liste. Parmi les donateurs, on notera la forte proportion d’habitants de La Bouëxière par rapport à l’ensemble des donateurs. Autre fait important, le montant des dons, qui font partie des plus faibles.

Parmi les donateurs, Mademoiselle Saisdubreil et Madame veuve Saisdubreil donnent chacune 5 francs.

L’Univers, le denier des expulsés (Paris : 21/12/1880), Gallica

Qui sont-elles ?

Pour trouver leur identité, je ne peux me baser sur le recensement de 1881, celui-ci n’étant pas en ligne.

Le recensement de 1876, quant à lui, ne m’apporte que peu, voire pas d’information ; en effet, pas de veuve Saisdubreil. La seule veuve recensée est Perrine Saisdubreil, veuve Croizé.

Il est possible qu’il s’agisse de Constance Saisdubreil, épouse de Joseph Saisdubreil. Le couple est mentionné dans le recensement de 1876. Toutefois, si les tables décennales mentionnent le décès d’un Joseph Saisdubreil le 10 janvier 1877, l’acte reste introuvable dans les registres du greffe, seuls registres en ligne. Il faut pousser jusqu’au recensement de 1896, pour retrouver le couple, demeurant à Grand’ Fontaine, avec un Joseph bien vivant. Il ne s’agit donc pas de Constance Saisdubreil.

Quant à Mademoiselle Saisdubreil, j’ai identifié 10 potentielles candidates, entre les jeunes filles et les femmes non mariées.

En conclusion

Cette recherche peut sembler vaine, puisqu’il n’en ressort aucune certitude concernant l’identité des donatrices. Ce n’est pas le cas.

  • J’ai étudié les recensements de 1876, 1881 et 1896. J’en ai profité pour traiter tous les Saisdubreil trouvés.
  • J’ai utilisé les filtres de recherche Heredis dans tous les sens, ce qui m’a permis de mieux me familiariser avec la puissance de l’outil.
  • J’ai pu compléter des décès.
  • J’ai appris un nouvel élément du contexte social dans lequel évoluaient mes ancêtres.

Sources et bibliographie :

La France pittoresque, 5 novembre 1880 : expulsion des congrégations religieuses sur ordre de Jules Ferry, https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article6881

Claude Geslin & Jacqueline Sainclivier, La Bretagne dans l’ombre de la IIIe République (1880- 1939), https://ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.ssl.cf1.rackcdn.com/attachments/original/0/7/1/002614071.pdf

Jules Ferry, L’Article 7, discours de M. Jules Ferry,… devant le Sénat. [Séances des 5 et 6 mars 1880.] (Paris : 1880), https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k852412q?rk=214593;2

La Semaine religieuse du diocèse de Rouen (Rouen : 11/12/1880), p. 1208, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6333228f/f16.item

Commentaire (2)

  • Sebastien | Marques Ordinaires| 20 février 2019

    Je suis également persuadé que toutes les recherches sont utiles et qu’elles peuvent apporter quelques menus indices. Encore faut-il pouvoir garder en tête ces informations ou les compiler de manière à pouvoir être réutilisée. En tout cas, c’est une belle manière de comprendre le contexte de la vie de nos ancêtres!

  • Dominique Chadal| 11 février 2019

    Oui, même les recherches apparemment infructueuses apportent des informations, quand on y pense.

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