Les Saisdubreil dans la presse : drame à La Bouëxière

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La presse est une source incontournable en généalogie. Que ce soit un entrefilet, une annonce ou tout un article, il est possible d’obtenir des informations importantes sur nos ancêtres

Jean Marie Saisdubreil et son épouse, Françoise Garnier, se sont mariés il y a quelques mois, le 28 octobre 1902. Le jeune couple gérait seul la ferme, mais la grossesse de Françoise les incite à embaucher à leur service Eugène Hallocher et sa femme Perrine.

Après avoir travaillé chez les Chevalier au village du Ralion, les Hallocher apprécient ce changement. Les nouveaux patrons sont justes et compréhensifs. Pendant que leurs deux aînés sont à l’école, Mme Saisdubreil a autorisé Perrine à venir l’aider à la ferme avec sa petite dernière, Anne.

Comme tous les jours, Perrine se rend chez Mme Saisdubreil après le déjeuner. À huit mois de grossesse, sa patronne a du plus en plus besoin d’elle, que ce soit pour l’entretien de la ferme ou des conseils. La jeune femme angoisse en voyant le grand jour arriver. Bien qu’elle ait hâte, ce sera une première fois pour elle. En tous les cas, Perrine n’a aucun doute, Mme Saisdubreil fera une très bonne mère, sa petite Anne l’adore, et elle sait que cette affection est réciproque.

En accomplissant ses tâches, Perrine sourit en pensant à sa petite fille, endormie dans la remise, bien protégée d’une fraîcheur inhabituelle, presque automnale. Il est presque 4 heures, elle se dépêche de rentrer pour la retrouver.

Plus elle s’approche de la remise, plus elle frissonne. Que se passe-t-il ? Le temps est un peu froid pour la saison mais là, c’est différent. Perrine pousse les portes de la remise. Anne. Où est-elle ? Elle l’appelle. Seul le silence lui répond.

Perrine ne veut pas céder à la panique. Elle retourne chez Mme Saisdubreil. Anne a dû aller la retrouver. C’est bien cela, sa patronne lui confirme que la petite est venue la retrouver dans le jardin. Perrine respire et cherche du regard sa fille. Elle entend à peine la suite de la phrase : “Oui, elle est venue me retrouver dans le jardin. Mais, lorsque je me suis retournée, je ne l’ai plus vue. Je la croyais avec vous.”

Perrine part en courant chercher sa fille, pendant que Françoise Saisdubreil donne l’alerte.

L’enfant est rapidement retrouvée. Malheureusement, il est trop tard.


L’Ouest-Éclair, 1903/07/11 (Numéro 1422), Gallica

Épilogue

Jean Marie Saisdubreil et Françoise Garnier accueillirent leur premier enfant le 23 septembre suivant.

Malgré ce drame, les époux Hallocher continuèrent à travailler chez les Saisdubreil au moins jusqu’en 1906, comme l’atteste le recensement. En 1911, Eugène ne travaille plus chez les Saisdubreil. Avec sa femme et sa fille Marcelle, née en 1905, ils ont quitté le Rallion pour le hameau de la Vallée.

Commentaire (2)

  • Brigitte S| 7 janvier 2019

    Quelle tristesse … Le problème de la presse, c’est qu’on y découvre plus souvent des drames que des instants heureux

  • Briqueloup| 6 janvier 2019

    Ce récit, raconté avec tant de précautions, se révèle glaçant lorsqu’on découvre la chute. Je suppose qu’il en a été de même lorsque tu l’as lu dans la presse (surtout si tu connais les protagonistes).

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