Marie Nourry : les coulisses de la rédaction du billet

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Dans le billet précédent, vous avez découvert la vie de Marie Nourry, ancêtre de la 9e génération. Pourtant, il est difficile d’établir une biographie pour une femme simple de la fin du 18e siècle. Si les femmes sont peu présentes dans les archives, les femmes de condition modeste sont presque transparentes. Alors, comment ai-je pu rédiger un billet de blog sur sa vie ? Je vous dévoile les coulisses.

Choisir d’étudier la vie d’une femme de sa généalogie est un défi. La condition des femmes au fil des siècles fait qu’elles ont laissé beaucoup moins de traces dans les archives que les hommes. À moins d’avoir eu une ancêtre avec une bonne éducation, qui aurait pu laisser un journal par exemple, il est difficile de relater la vie d’une femme de condition modeste.

Dans le cadre du geneatheme du mois de juin, j’ai tiré au sort le numéro 337, une femme. Première étape, ouvrir le logiciel de généalogie pour savoir de qui il s’agit.

 

Passer en revue ce qui a déjà été fait

Heredis m’apprend que le numéro 337 de la généalogie de ma fille est Marie Nourry, une ancêtre à la neuvième génération.

Première constatation : je n’ai pas grand chose sur elle, si ce n’est des dates (sans acte…), quelques enfants et une incohérence signalée par le logiciel. L’écart d’âge entre deux de ses enfants serait trop court.

 

Première action : retrouver les actes de baptême, mariage et décès de Marie.

Je connais la date et le lieu de son mariage et de son décès. Directement les Archives en ligne de la Seine-Maritime. Je rattache les actes à sa fiche. Son année de naissance est calculée à partir des informations trouvées dans ces actes. Le lieu est connu, toujours grâce à ces actes. Seul l’acte de baptême me pose problème, je ne le trouve pas, ni à Bourbel, ni à Nesle-Normandeuse. Une recherche plus approfondie s’imposera ultérieurement.

J’ai la chance de trouver dans les registres de Hodeng-au-Bosc, où habitent les futurs mariés, la promesse de mariage. Le curé a la bonne idée de préciser depuis combien de temps la famille de Marie habite le village.

 

Deuxième action : rechercher ses enfant.

Je sais que Marie Nourry et Pierre Lavenant se sont mariés en 1780 à Nesle-Normandeuse et que le premier enfant que je leur connais est né en 1782 à Fallencourt. Je vérifie donc entre 1780 et 1782 s’il n’y a pas eu un autre enfant né à Nesle-Normandeuse ou à Fallencourt. Marie Madeleine Lavenant est bien le premier enfant du couple.

Il ne me reste plus qu’à tourner patiemment les pages des registres de Fallencourt pour trouver les autres enfants ainsi que mon erreur entraînant l’incohérence. Rapidement, je réalise que j’ai saisi 1783 comme année de naissance pour Marie Thérèse au lieu de 1793. Comme Marie Marguerite Scholastique est née en 1783, vous comprenez qu’Heredis ait vu rouge..

Je finis par retrouver neuf enfants à Marie et Pierre. Est-ce tout ? Pour en être sûre, je croise les données issues des sites Geneanet et Filae

 

Troisième actionétudier l’histoire de ses enfants.

Pour pouvoir parler de la vie d’une femme, retrouver ses enfants ne suffit pas. Il faut également étudier l’histoire de ses enfants. Seuls cinq enfants atteindront l’âge adulte. Il faut alors rechercher les mariages, et si possible, les enfants. Marie a-t-elle assisté au mariage de ses enfants ? A-t-elle connu ses petits-enfants ? Autant de questions auxquelles il faut répondre.

 

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Approfondir

Quatrième action : s’intéresser à son environnement.

Si j’ai peu de chances de retrouver des traces directes de Marie dans les archives, elle m’offre tout de même un deux beaux cadeaux : elle a connu la Révolution et sa vie s’est déroulée entre deux siècles. Je choisis de me concentrer sur la Révolution française. Pourquoi ? Parce que je ne peux que faire les recherches à distance, sur un temps assez court. Je pense que je trouverais plus facilement des informations en ligne sur cette période plutôt que sur le passage du 18e au 19e siècle et comment il a été vécu en Normandie.

Je commence donc une recherche sur la “Révolution en Seine-Maritime”. Devant le peu de réponses, je réalise mon erreur. Si je veux trouver des témoignages anciens, il me faut rechercher sur la “Révolution en Seine-Inférieure”, premier nom du département. J’obtiens plus de réponses ! J’élargis le champ de recherches avec la “Révolution en Haute-Normandie”. Mon conseil : pour obtenir un panel intéressant de réponses que vous pourrez ensuite exploiter, pensez à varier les termes recherche.

Selon le premier récit que je trouve en ligne, la Normandie fut épargnée. Grâce à des années, voire des siècles de vie en bonne intelligence entre les seigneurs, le clergé et le peuple, la région est épargnée par les heurts. Je trouve ensuite un deuxième récit qui décrit les hordes de Normands attaquant sauvagement les châteaux. Face à cette contradiction, je poursuis mes recherches. Comme toujours (ou presque), c’est Gallica qui apportera la réponse. Plusieurs ouvrages relatent cette période. Les récits sont plus nuancés. Certes, la Normandie fut moins touchée, mais elle n’a pas été épargnée.

Les actes que j’ai retrouvés mentionnent les verreries pour lesquelles travaillent Pierre, puis ses enfants. Là encore, je pars à la recherche d’informations qui me permettront d’installer Marie Nourry dans son quotidien.

 

Cinquième action : approfondir les recherches.

Pour l’instant, je me suis arrêtée à la quatrième action. J’ai rédigé le billet à partir des informations que j’ai pu collecter en ligne.

Pour une recherche encore plus complète, j’ai besoin d’aller aux Archives départementales de Seine-Maritime, afin de me plonger dans les registres notariés. Y a-t-il eu un contrat de mariage ? Un testament ? Un inventaire après décès ? Les archives municipales recèlent peut-être des informations sur les verreries, voire les verreries elles-mêmes ? Comment était habillée Marie ? Quel était le quotidien des femme épouses de verriers ? Y a-t-il des écrits sur ces sujets que je pourrais trouver en salle de lecture ou en bibliothèque ? Enfin, je trouve qu’il n’y a rien de plus inspirant que de parcourir les lieux de vie de nos ancêtres.

 

En conclusion

Il n’est pas impossible de rédiger un billet de blog, ou pour une publication, sur une femme de votre généalogie. Commencez par reprendre tout ce que vous savez. Ceci vous permettra de corriger d’éventuelles erreurs (Toujours sur tes recherches tu reviendras 😉 ), de compléter son histoire. Établissez ensuite des repères chronologiques. Y a-t-il une grande date de l’histoire que vous pouvez intégrer ? Comment cela a été vécu localement ? Y a-t-il des évènements importants localement pour cette période ? Ne retenez aucune question, même celle qui vous semble la plus folle. Partez sans à priori et laissez vous guider avant de devenir le conteur de belles histoires.

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