Généalogie et sentiments

S’adonner à une activité apporte plus de chose que ne peut comprendre celui qui ne la pratique pas.

 

Ainsi Flocon, sur son blog « Shall we talk ? » dresse un portrait assez sec de la généalogie et de ceux qui s’y adonnent. Son billet, et son opinion ?, a été écrit à partir de l’expérience d’une personne de son entourage, pratiquant la généalogie, ou plus exactement, collectionnant les ancêtres.

Chacun a sa propre motivation généalogique, l’un va chercher a avoir le plus d’ancêtres possibles, l’autre à remonter le plus haut possible alors que le troisième cherchera simplement à comprendre comment ont vécu ses ancêtres.

Je fais partie de cette dernière catégorie, même si mes recherches ne sont pas aussi poussées que je le souhaiterais. Néanmoins, je prends le temps de m’attarder sur un ancêtre qui, pour je ne sais quelle raison, me touchera plus qu’un autre.

C’est cette émotion que peut procurer la généalogie que je souhaite partager.

 

Ma première grande émotion généalogique a été la lecture du dossier DDASS de mon grand-père paternel, Marcel SIMARD.

Tué en 1940, je ne l’ai pas connu et mon père en parlait peu. Les seules choses que je savais étaiten qu’il avait été abandonné par son père; qu’à l’hospice le jour de son abandon il avait gardé sa ceinture en flanelle lorsqu’il avait été douché. Ma grand-mère m’a un jour raconté qu’il ne voulait pas que ses enfants soient médecin, pour ne pas attraper de maladie, ou avocat, pour ne pas défendre des truands. Mythe ou réalité ?

Et puis, un jour, nous découvrons le livret de famille de ses parents. Comment un enfant abandonné à l’âge de 6 ans pouvait-il être en possession du livret de famille de ses parents ?

 

Ce fut le début de ma quête généalogique, ou devrais-je dire, de mon enquête généalogique.

 

Première étape, obtenir le dossier DDASS pour comprendre les circonstances de l’abandon.

Le 14 mars 1994 j’écrivais aux Archives de Paris et, après avoir été confrontée aux joies de l’administration française, le 15 mars 1995, je recevais une grosse enveloppe A4.

Je me revois encore tremblante, m’asseoir et regarder cette enveloppe. Qu’allais-je découvrir ? Devais-je l’ouvrir ?

C’est dans un silence quasi monacal que je parcourus son dossier. Sa lecture terminée je restais pensive. J’avais entre les mains l’explication, j’en connaissais plus de la vie de mon grand-père que son propre fils, mon père.

 

Le virus était en moi.

 

La généalogie n’est pas qu’une accumulation de dates, c’est aussi des sentiments.